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Imageries

éditeur : Les Presses Littéraires
catégorie : Arts et patrimoine > Photographie
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Michel Portier

- scènes - portraits -

- La photographie c’est de la lumière sur des formes, cela ne peut pas être plus ni être moins que cela. On ne fait donc pas de la photographie avec des idées, mais avec de la lumière et c’est bien suffisant. C’est la lumière seule qui déterminera l’expression et la force de l’expression, le chapeau ou l’accessoire ne viendront qu’après, bien après, pour juste donner des pistes dans une évocation.

C’est la lumière qui va tracer le contour et décrire les volumes, nous faire toucher l’enveloppe et l’âme à travers le graphisme qu’elle nous propose. Si les ombres sont bien placées on suivra l’idée quelle qu’elle soit, car ce n’est pas l’idée qui attire, c’est la façon de l’entourer du mystère qui nous rappelle notre mystère.

C’est au photographe de faire son choix dans ce que la lumière nous offre, en fonction de ce qu’il cherche et du hasard des rencontres.

Ma définition n’exclue pas non plus les « idées », elle veut signifier simplement que c’est avant tout la façon de le dire qui importe, que c’est par la lumière sur les formes que prendront forme les idées.

- Cette définition inclut tout aussi bien l’absence de lumière, ce noir où l’objectif n’attrape rien... Le noir découpe, il concentre l’imagination sur un surgissement issu de rien, comme cela, dans l’évidence de l’apparition.

En quelque sorte on ne doit regarder les zones obscures d’une composition qu’après coup seulement, et comme à la réflexion... Elles effacent ce qui ne sert à rien, elles gardent l’essentiel et elles doivent le faire sans efforts, sans s’indiquer et comme si cela allait de soi. C’est ainsi qu’elles ont toute leur force, une force dans l’ombre n’est-ce pas ? C’est un travail de sculpture, on taille dans de la nuit avec des projecteurs et on fait venir des formes...

- De Lascaux à nos jours l’art a désigné le désir comme moteur secret ou palpable de toutes nos actions, même les plus anodines en apparence. Que la photographie s’occupe du corps, du paysage ou de la surprise que contient l’ordonnance des objets, cette vérité demeure, car c’est alors l’expression formelle du désir qui change, non sa quantité exprimée. Il y a peut-être plus de libido dans le St. Pierre du Caravage que dans un nu de Boucher, ce sont les masquages qui changent et le sujet n’y change rien.

- L’art révèle, comme la vie le fait, qu’il y a un au-delà du désir et une confuse frustration en lui, quand bien même il se réalise, et le pleinement qu’on ajoute parfois n’est qu’une convention à posteriori, sinon nous ne rêverions jamais. Cette vérité du déficit désirant fait de nous des inquiets et blesse nos orgueils ; c’est cependant celle que l’art découvre, et avec laquelle il va jouer.

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Titre Imageries
Auteur
Editeur Les Presses Littéraires
Langue FR
Date de publication 01/10/2013

Droits numériques

Ean PDF 9782350738352
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9782350738284
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