chargement

La Conspiration de l’Or Noir

éditeur : City éditions
catégorie : Policier et Thriller
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

PDF

Adobe DRM
5,00 €
Lecture multi-support

Résumé

Extrait

Prologue

Washington, 23 novembre 2007

Dans la suite de l’hôtel richement décorée de tissus ivoire, avec moquette assortie, les rideaux turquoise tirés obstruent la vue sur la ville. Sous les couvercles d’aluminium, les plats posés sur des tables chauffantes diffusent des arômes d’oeufs brouillés, de bacon et de galettes de pommes de terre.

Faisant fi de la faim qui lui noue l’estomac, le colonel Graeme Turnbull de l’US Army, dit le Taureau, au regard d’un bleu d’acier, observe les deux civils installés face à lui, à la petite table de réunion. Ryan Gessaman, un homme frustre d’une quarantaine d’années, en costume sombre et noeud papillon assorti, est l’assistant de Richard Perle, l’ancien président du Defense Policy Board, plus connu dans les cercles politiques sous le nom de « Prince des Ténèbres », qui a été le plus proche conseiller de Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire à la Défense. Rumsfeld possède également de gros intérêts dans des entreprises liées à l’industrie militaire. Perle, lui, est le cofondateur du PNAC, Projet pour un nouveau siècle américain, groupe de réflexion créé en 1997, prônant la domination américaine dans les affaires mondiales.

Turnbull ne reconnaît pas la femme à l’épaisse chevelure blonde ondulée qui lui descend jusqu’aux épaules, au profond regard noisette, vêtue d’un tailleur marine qui dissimule partiellement un physique athlétique.

- Colonel, vous êtes sûr de ne pas vouloir de petit-déjeuner ?

- Non, merci, monsieur.

- Bien, si vous changez d’avis…

Gessaman ouvre un dossier scellé.

- Je crois savoir que vous êtes actuellement basé à Camp Anaconda. Depuis combien de temps êtes-vous en Irak ?

- Depuis le début. J’ai commencé en Afghanistan, avec le 187e régiment aéroporté, le Rakkasan. Nous avons été les premiers à débarquer. Même chose en Irak. Ne desit virtus…

- Ne trahissons pas nos valeurs, traduit la femme. Quand avez-vous été recruté par les services de contre-espionnage ?

- Le jour où le psy s’est aperçu que je parlais couramment arabe.

- Donc vous êtes passé des services de renseignements au contre-espionnage. On dirait que vous n’avez pas chômé… plus de cent interrogatoires…

La femme plisse les yeux.

- Dites-moi, colonel, qu’avez-vous appris d’intéressant au cours de ces « séances » ?

Turnbull fronce les sourcils.

- Vous n’avez pas envie de le savoir.

- Dites toujours.

- En 2005, j’avais signalé que Ben Laden s’était réfugié dans l’Hadramaout, au Yémen et qu’il bénéficiait désormais de la protection des tribus sayyids. L’info a remonté toute la chaîne, mais il ne s’est rien passé. Il semblerait que les Sayyids de l’Hadramaout soient alliés avec des membres de la famille royale saoudienne… S’en prendre à lui, cela aurait été comme insulter nos amis saoudiens. Mieux valait faire croire que l’ennemi public numéro un se cachait dans une grotte en Afghanistan plutôt que d’affronter la réalité.

La femme hoche la tête.

- Je comprends votre frustration, colonel. Entre nous, la CIA a rédigé une note sur le retour de bâton qu’aurait provoqué la capture de Ben Laden. Parfois, mieux vaut laisser la vie sauve à nos ennemis.

- C’est pour ça que nous finançons les insurgés sunnites liés à Al-Qaida ?

Turnbull les voit pâlir.

- Oui, je suis au courant… la plupart des types des services spéciaux le savent. En fait, 45 % de ces combattants étrangers sont saoudiens, et la moitié d’entre eux sont impliqués dans des attentats suicides. Inutile d’être grand clerc pour deviner qui paie les armes.

- C’est une situation complexe, colonel, répond Gessaman.

- Pas quand on se prend une balle dans la peau.

- Nous devons maîtriser les extrémistes chiites.

- Écoutez-moi bien, les amis. Je ne fais pas de politique, et dire que les ennemis de mon ennemi sont mes amis, ça ne marche pas avec moi, à moins que, pour vous, l’histoire se résume à une période de moins de cinq ans. On a soutenu Ben Laden pour canaliser les Soviétiques, on a soutenu Saddam pour canaliser les Iraniens. Et maintenant, on soutient Al-Qaida pour éviter que l’Irak tombe aux mains des chiites ? Et vous vous étonnez que personne ne nous saute au cou en ce moment ?

La femme regarde droit devant elle, sans rien dire, mais son silence est éloquent.

Lire la suite...

Commentaires des lecteurs

9782352889021
- / 5
  5
  4
  3
  2
  1

Informations

Titre La Conspiration de l’Or Noir
Auteur
Editeur City éditions
Langue FR
Date de publication 01/01/2011

Droits numériques

Ean PDF 9782352889021
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9782352887454
Haut