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Griffer les nuages

éditeur : Tabou éditions
catégorie : Littérature érotique > Romans
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Elle est terrible d’ailleurs ma terrasse : 70 mètres carrés en tout (soit quatre fois mon ancien gourbi), dont la moitié couverte de stores roulants anti-pluie. J’ai même fait déplacer un architecte-paysagiste (John Lesage qu’il s’appelait le con; il m’a pris un max de surcroît) qui m’a installé des citronniers en pots et une fontaine en circuit fermé avec des lumières. Le soir, quand je snobe Paris de mon sixième étage en duplex, chez moi on dirait Versailles. Sans rire.

Le pire, c’est que j’ai eu un mal fou à l’obtenir ce logement. Et ce, malgré ma fortune.

En plus d’une caution exorbitante, il a fallu qu’un tiers se porte garant. Tout ça parce que je n’avais pas de profession. Et de famille, je n’ai pas. Enfin plus depuis deux mois maintenant, à ma plus grande surprise. Heureusement, ma banque m’a encore facilité le truc sur ce coup-là, moyennant un tas de justificatifs. Ceci dit, elle ne risquait pas grand-chose.

À propos, je n’ai pas écouté les conseils du notaire (sauf pour les actions, mais davantage par paresse) et ai revendu les immeubles de ma tante. Tous sauf un, celui de Rouen. Non par respect ou sentimentalisme, mais juste parce que, d’après l’Assistance Publique, je suis né dans cette région. Et, depuis l’orphelinat puis l’adoption, je réalise, j’ai toujours voulu connaître ses falaises.

Une villégiature, en somme.

L’administrateur de biens qui gérait le patrimoine m’a prévenu d’y réfléchir à deux fois avant de prendre une telle décision. Mais j’ai tout vendu, je m’en foutais.

Et non, je n’avais pas réellement utilité du fruit des adjudications (une sacrée galette, soit dit en passant).

Je désirais juste être peinard et ne pas m’emmerder avec la gestion continuelle de tout ça.

C’est pourquoi le liquidateur m’a pris pour un cinglé. Au moins par sécurité, au cas où…

Rien. Je ne peux lui en vouloir, son avis était sage.

Lui, par contre, perdait la quasi-moitié de son parc, et par conséquent de ses revenus. Mais chacun sa merde.

Je ne le plains pas. En d’autres circonstances, un tel gus m’aurait ri au nez.

J’allais bientôt comprendre que le pouvoir, le vrai, celui qui dirige tout, c’était le fric. Et j’en avais bien plus que lui. J’étais le plus fort à ce jeu-là et à ce stade, il ne pouvait lutter. Certes, le constat n’était pas une découverte (argent = pouvoir), mais on ne s’en rend pleinement compte qu’une fois du bon côté du truc.

Sinon, c’est juste abstrait ; une vague impression dont on bavarde parfois entre amis après quelques bières.

Toutes ces conneries m’ont accaparé presque un mois depuis la remise des chèques. Période durant laquelle je n’ai rien dit à Miche, mon poteau de toujours ; n’ayant encore décidé de la somme à lui offrir. Je voulais lui faire la surprise et continuais à le voir régulièrement sans rien laisser paraître. Et ça n’est pas mes fringues qui auraient pu me trahir. Hormis de nouvelles chaussures, je conservai mes vieilles frusques, chinées aux puces pour l’essentiel.

Pourtant, un soir, je l’appelle et nous convenons de nous voir le lendemain dans la matinée. Jusque-là, rien d’anormal. Ensuite, nous irions faire quelques courses au Leader-price de son quartier, comme d’habitude.

Une boîte de cassoulet, plus deux liégeois pour le dessert. Peut-être une bouteille de Coca sur le chemin s’il nous restait un peu de monnaie (le cola discount est tout simplement imbuvable). Je dus me faire violence pour ne pas pouffer au téléphone et me concentrai sur l’écran plasma qui orne désormais tout un pan de mon duplex.

J’avais enfin décidé du montant à inscrire sur le chèque. Je tenais à ce format. Plus symbolique qu’un virement, et plus pratique à trimballer qu’un sac poubelle rempli de billets.

150 000 euros me parurent bien au début, puis j’arrondis à 200. De toute façon, je resterai flou au sujet du total de mon héritage. Et puis, plus de 130 patates qui tombent du ciel sans rien demander, il n’allait pas chercher à savoir combien il me restait.

Bien sûr, j’aurais pu donner davantage. Au départ, j’avais même pensé à 500 000. Puis, je me ravisai. Trop.

Passer du RMI à l’ISF en une journée, il y avait de quoi être tourneboulé quelque temps. Et puis, s’il déconnait (ce que je pouvais concevoir) et se retrouvait dans une merde pire qu’avant, je pourrais toujours lui renouveler mon obole.

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Informations

Titre Griffer les nuages
Auteur
Editeur Tabou éditions
Langue FR
Date de publication 04/01/2013

Droits numériques

Ean PDF 9782363265128
Type de protection Aucune
Ean papier 9782915635669
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