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Bataille pour un titre : Le courrier picard

éditeur : Corsaire Editions
catégorie : Histoire > Histoire de France
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

DE VENDREDI 13 EN VENDREDI 13

« Vous avez pris une très belle affaire. Vous êtes comme le coucou qui va pondre dans le nid des autres. »

Ce cinglant propos fut tenu en décembre 1944 par le magistrat Yves Le Febvre au cours d’une réunion du Comité Départemental de Libération nationale auquel il fut associé.

Il exprimait ainsi son total désaccord au lendemain de la création de la Société coopérative ouvrière de production Le Courrier picard, société coopérative fondée – voyez le symbole – le vendredi 13 octobre 1944 en présence (autre intersigne mais celui-ci relevant davantage d’une volonté que du hasard) d’un certain capitaine Deruelle, émissaire du ministre de l’Information (M. Teitgen, démocrate chrétien).

Cependant, après une suite d’insouciants printemps, de trop généreux étés, vint pour cette société coopérative Le Courrier picard l’heure de tomber, véritablement, comme une feuille d’automne : quarante et une années après sa création, par une amère coquetterie du destin, c’est un autre vendredi 13 (le 13 décembre 1985) que le dépôt de bilan intervint.

Boucle bouclée ! L’hiver est là…

Ainsi, la douceur du nid ne put éviter la mauvaise couvée.

Y aurait-il une justice immanente ?

Mais que s’est-il donc passé ? Et tout d’abord aux origines : des origines lointaines, grondantes de polémiques avant l’orage de la guerre charriant, comme toujours, de l’héroïsme et des lâchetés, des larmes et du sang ; et puis, tornade passée, dans quelles conditions naquit exactement, le 31 août 1944, le tout nouveau quotidien Picardie nouvelle ?

Quels faits, quarante-quatre jours après la libération d’Amiens, pourraient expliquer la décision prise, insolite – en tout cas unique en France – d’y fonder le premier quotidien français sous forme coopérative ? Et ce, autre étonnement, en contraignant à la fusion deux jeunes titres quotidiens aux orientations différentes : Picardie Nouvelle et L’Echo de la Somme. Décision entraînant, ipso facto mais paradoxalement, dans le plain-chant de la liberté recouvrée, la mort du pluralisme de la presse quotidienne et l’instauration d’un monopole de l’information.

Enigmes à ce jour restées en l’état. Impénétrables. Ne cessant d’intriguer de nombreux Picards réduits à toutes les suppositions. Flairant de sombres desseins. Il s’est dit et se dit tant de choses encore… mais il ne s’écrit rien ! Sujet tabou.

Seules, des bribes de confidences, quelques menus détails, trente-cinq ans et plus après la Libération, furent lâchés au goutte à goutte d’encre ! Pour conforter des prééminences d’ailleurs divergentes face à la postérité (de R. Lamps pour le P.C. ; de G.L. Collet pour « Libération Nord »).

Bavarde, la presse ? Quasiment muette, au contraire, sur elle-même. Pourquoi ?

Osons une impertinence.

Serait-ce que tout ne fut pas forcément glorieux du côté de ceux qui montèrent à l’assaut des journaux en septembre 1944 ?

Le Progrès de la Somme, cette cible, n’était pas seulement l’instrument de propagande rêvé pour un parti, il était aussi une affaire prospère. Une bataille pour s’assurer de son contrôle ne pouvait qu’éclater entre groupes et individus rivaux. Elle eut lieu… mais resta clandestine.

Le peu que certains ont bien voulu en dire (ces derniers se trouvant parmi les plus intéressés à exprimer « leur » vérité comme étant « la vérité ») ne permet nullement de comprendre ce qui s’est passé.

Cet ouvrage se veut une contribution à l’Histoire de la presse.

Il comprend trois parties représentant, successivement :

— la mise en perspective, sur fond d’événements nationaux et internationaux, des réactions locales (polémique opposant Jean Catelas, député communiste, à Maurice Hisler, directeur du Progrès de la Somme ; puis, dans l’enchaînement des épreuves – guerre d’Espagne, Munich, déclaration de guerre, pacte germano-soviétique, exode, Occupation, Libération… – de l’exacerbation des haines (anti-communisme, anti-pétainisme) comme des « incontournables » contraintes professionnelles infligées à la presse. On verra comment ces dernières autoriseront ensuite, selon les rapports de forces locaux, les amalgames permettant, en dehors des règles démocratiques, certains règlements de comptes. A cette occasion, pour la première fois depuis quarante-quatre ans, la parole sera donnée au journaliste Maurice Hisler qui, bien que n’ayant pu être inculpé fut condamné au silence à la « Libération ». Son témoignage fera date,

— un apport fondamental de documents inédits, d’analyses et d’aperçus constituant les soubassements de légitimes interrogations (voir « Annexes »),

— une approche, grâce à l’amorce d’un Dictionnaire de la Libération, des principaux acteurs, groupes, comités, journaux et périodiques du moment (suite de notes ou bien des aspects méconnus des uns et des autres sont révélés).

Ces trois parties s’inscrivent donc en utile contrepoint de la version tamisée jusqu’ici donnée du passage de la presse dite de la « Collaboration » à la presse dite de la « Résistance ». Il convenait en effet de disposer enfin d’éléments contradictoires. Avec la présente étude, cette lacune se trouve sinon totalement du moins largement comblée.

A la fois panorama, essai visant à l’approfondissement historique, à une meilleure connaissance des rôles, des objectifs, des ambitions, ce travail campe, de bout en bout, sur une position de recherche de la vérité qui, lentement, se lève au fil des pages.

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Informations

Titre Bataille pour un titre : Le courrier picard
Auteur
Editeur Corsaire Editions
Langue FR
Date de publication 01/11/1989

Droits numériques

Ean EPUB 9782368000014
Type de protection Aucune
Ean PDF 9782368000007
Type de protection Aucune
Ean papier 9782950395702
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