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Contes traditionnels de Bretagne

éditeur : Locus Solus
catégories : Fiction > Contes, Fables et Mythologie, Romans et nouvelles
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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2,99 €
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Résumé

Extrait

Préface

Les contes sont comme les roseaux. À peine les entend-on chanter dans le vent du soir. Pourtant, découpez-les, taillez-les, faites-en des anches et, muni d’une bombarde, vous pourrez faire danser les vivants comme les morts !

Souple comme le roseau, oui. On en fait ce qu’on veut, d’un conte. On raconte l’histoire par le début, le milieu ou même la fin. On ajoute des personnages ou on change une scène au bon vouloir, selon l’humeur et le public.

Puissant comme le roseau, tout autant. Ces récits qui parlent de misère et d’amour, de marins et de paysans, de facéties ou de tragédies, leur chant, de veillée en veillée, ne cesse de vrombir à nos oreilles. Ils témoignent d’un temps disparu... et nous rappellent que les hommes d’hier et ceux d’aujourd’hui sont bien les mêmes.

Les contes et légendes choisis et adaptés pour ce modeste recueil figurent parmi les plus populaires. Ils étancheront la soif des nouveaux lecteurs. Il est bon de découvrir de nouvelles histoires, de nouveaux motifs, de nouvelles coutumes. Tandis que les connaisseurs savoureront peut-être la langue ou l’agencement parfois modernisé du récit. Il est bon d’entendre d’une oreille neuve ce que l’on sait déjà.

Il est bon aussi, quand on est conteur, de ne pas trop s’écouter parler... ou écrire. Il faut savoir laisser place à l’essentiel. Au chant des roseaux, par exemple.

T. P

La Ville d'Ys

La ville d’Ys était construite au bord de la mer, ou plutôt au bord de la terre. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Une haute muraille la protégeait des flots, car, avec la marée montante, la cité aurait été inondée. Un château s'y élevait, un port où pouvaient mouiller mille navires s'y étalait, des maisons de pierre ouvragées de sculptures pouvaient y être contemplées. Pourquoi avait-on édifié ainsi ce port qui, du temps de sa splendeur, était considéré comme la plus belle ville du monde ? Beaucoup de théories circulent à ce sujet. Certains pensent que la fondation d'Ys remonte à une époque si reculée que le niveau de l'océan était alors bien plus bas. Avec les siècles, les vagues léchèrent de plus en plus dangereusement les premières maisons et il fallut construire des remparts pour les en protéger. Peut-être. D'autres racontent que le roi Gradlon ne savait refuser aucun caprice à sa fille Dahud. Celle-ci exigea de son père qu'il fit construire une cité entourée par la mer, car son désir était de vivre dans un endroit à nul autre pareil. Pourquoi pas. Je n'ai pas d'idée précise sur cette question.

Par contre, j'en ai une bien arrêtée sur le point faible de cette forteresse. La ville d'Ys étant un port, il fallait bien que les navires puissent y aller et venir. Aussi avait-on ménagé une large écluse dans la muraille afin de permettre la circulation des bateaux à marée basse. Et des bateaux, il en venait de partout, poussés par tous les vents que compte la terre. Des hommes chantant l'amour dans toutes les langues que l'on puisse entendre se promenaient dans les rues de la ville. Des femmes parfumées de toutes les senteurs enivrantes qui puissent se humer les écoutaient. Et tout ce petit monde se sentait à l'abri des tempêtes et des regards, derrière les hauts murs d'Ys. Qui serait allé coller son œil à la serrure de l'écluse pour voir ce qui s'y passait ?

Et pourtant, il s'en passait de belles ! Dans tout le royaume de Cornouaille, et au-delà, les rumeurs les plus folles couraient sur les mœurs de la cité. On parlait de ripailles sans fin, d'orgies de chère et de vin, de débauches à faire rougir de honte un diablotin. Comme toujours avec ce genre de bruits, chacun en les colportant les enjolive par quelque détail de son invention. Aussi serais-je bien incapable de distinguer le vrai du faux dans toutes ces histoires.

Une chose demeure certaine : si personne ne reprochait à Gradlon la liberté de geste et de parole qui régnait derrière ses murs, Dahud, pour sa part, avait droit au pire des traitements. Sa réputation était affreuse et on la dépeignait comme habitée de tous les vices. Le plus épouvantable, pour les gens d'Église, était qu'elle changeait d'amant chaque soir, et pour les autres, qu'elle se débarrassait du malheureux en le jetant au fond d'un gouffre chaque matin.

Pourtant le roi était fautif au moins sur un point. Il n'écoutait pas les mises en garde de son ami Gwenolé. Celui-ci était un homme d’Église, un abbé, et il avait convaincu Gradlon de devenir chrétien et d’abandonner l’ancienne religion des druides. C’était aussi son conseiller et son ami. Après sa mort il deviendrait un saint très respecté. Des villes et des églises porteraient son nom, et, plus d’un millénaire après, on le célébrerait encore lors d’un grand pardon chaque mois d’août.

Dahud ne l’aimait guère. « Le petit abbé », c’est ainsi qu’elle l’appelait. Elle qui refusait d’entrer dans la foi du Christ. Gwenolé, plus d’une fois, avait tenté de prévenir Gradlon que les rumeurs font parfois plus de mal que la colère de la mer.

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Informations

Titre Contes traditionnels de Bretagne
Auteur
Editeur Locus Solus
Langue FR
Date de publication 29/05/2013

Droits numériques

Ean EPUB 9782368340172
Type de protection Digital watermarking
Ean papier 9782368340073
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