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Sénégal : Crise économique et ajustement structurel

éditeur : NENA
catégorie : Économie > Economie générale
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délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

La crise, nous rappelle A. Gunder Frank, ne signifie pas la fin; elle est une période durant laquelle une entité ou système social, économique et politique malade ne peut continuer à vivre comme avant et doit, sous peine de mort, entreprendre des transformations qui lui permettront d'entamer un nouveau cycle de vie1. De ce point de vue, la crise a une vertu pédagogique en ce qu'elle peut lever les incertitudes du moment et annoncer un avenir meilleur si bien sûr le ciel ne ·tombe sur la tête des acteurs pour obstruer leur vision et les faire marcher à reculons. Elle est alors pleine d'enseignements et offre toujours de grandes opportunités de changement pourvu qu'on lui accorde toute l'attention scientifique indispensable.

La crise qui s'est installée au Sénégal, au début des années quatre vingt, provoquant de très amples déséquilibres financiers et l'instauration d'un vaste programme d'ajustement et de restructuration dans les secteurs décisifs de l'activité productive, demeure encore une crise mal connue et d'une maîtrise mal aisée. Les formulations théoriques en ce qui la concerne sont rarissimes et les recherches concrètes simplement inexistantes. On dénombre, bien sûr, çà et là, quelques documents éparpillés ainsi que des statistiques disparates qui ont besoin d'être synthétisées et exploitées pour comprendre ce qui s'est véritablement passé dans le système économique et qui a abouti en 1979 à des ruptures de tendance se manifestant par la régression de la croissance, le déficit de la balance des paiements et des finances publiques, l'envolée de l'endettement avec des menaces d'insolvabilité.

Bien que les économistes contemporains répugnent à procéder à une analyse affinée des crises, celles-ci sont devenues aujourd'hui le comportement normal de tous les systèmes économiques et sociaux battant ainsi en brèche la vision théorique selon laquelle le fonctionnement sans entraves des mécanismes fondamentaux conduit les économies vers un équilibre automatique sans risque de perturbations durables. Les faits démentent cette vision, et établissent partout l'évidence des déséquilibres et des crises : crise des modes de régulation étatique et de marché, crise des systèmes d'accumulation productive, crise des rapports économiques et monétaires internationaux, crise sociale et du travail... Ces phénomènes sont trop importants pour continuer d'être incomplètement évalués et sous-étudiés particulièrement pour les pays en voie de développement qui ont besoin d'un référentiel théorique solide leur permettant de comprendre leurs complexes réalités socio-économiques en vue d'agir efficacement sur elles pour amorcer et entretenir une dynamique irréversible de reproduction et de croissance de l'ensemble des forces productives.

Cette analyse n'est en définitive, ni une esquisse théorique, ni une simple monographie d'une économie en situation de déséquilibre, mais se veut une modeste contribution au débat sur la crise et l'ajustement au Sénégal. Elle exhume une série de faits d'orientations et de contradictions structurelles qui constituent une grille de lecture d'une situation qui est finalement propre à la plupart des pays en voie de développement et pour laquelle la seule solution présentement entrevue réside dans la mise en place de politiques d'ajustement structurel pour le rétablissement des grands équilibres macroéconomiques et surtout macro-financiers.

Ce qui est frappant dans toutes les évaluations du processus de développement au Sénégal, ce sont les divergences fondamentales d'appréciation à partir des indicateurs quantitatifs mis en évidence pour caractériser et expliquer la crise. Les bilans diagnostics et les thérapeutiques proposées sont si divers et si contradictoires parfois qu'on est amené à se demander si beaucoup de spécialistes, pourtant compétents, ne se sont pas trompés sur la nature réelle de ladite crise. Pourtant, on peut évoquer trois principales manifestations révélatrices d'une crise économique et financière profonde et qui font au moins l'unanimité parce qu'étant des constats objectifs :

– d'abord la faible croissance de la production sur une période longue au taux moyen, de 2,3 % avec une stagnation. voire une baisse des revenus réels;

– ensuite le déficit chronique de la balance des paiements restreignant les capacités vitales d'importation de produits vivriers. de biens de consommation et d'équipement qui comblent les pénuries et les déficits internes;

– enfin les difficultés permanentes de maîtrise de la gestion des finances publiques.

Ces pathologies constatées relèvent d’un excès de consommation intérieure dû à une explosion de la demande publique et privée alors même que les possibilités de production restent encore très restreintes. Ce déséquilibre entre les capacités de consommation et les capacités de production révèle que le Sénégal vit largement « au-dessus de ses moyens », ce qui le contraint à financer son déficit en ressources par un « sur-endettement » extérieur relatif. Cependant, la détérioration des conditions de l'endettement, la hausse des taux d'intérêts réels, la récession mondiale, la restriction des moyens de paiements et des surplus imposent une nécessaire correction des déséquilibres. Sur l'ensemble de ces éléments, un vaste consensus semble se dégager entre tous ceux qui entreprennent de comprendre la situation économique du Sénégal.

Cependant, dès que l’on remonte aux causes et que l’on envisage des perspectives de solution. les clivages et divergences d'appréciation réapparaissent. Quels sont les facteurs-clés de la montée des déséquilibres ayant conduit au recours aux crédits conditionnels du F.M.I. en 1979 ? Plusieurs facteurs sont avancés car on admet généralement que des disfonctionnements aussi importants ne peuvent avoir de cause unique.

Ainsi. en matière de facteurs de crise, certains auteurs avancent que le Sénégal, à l'instar de la plupart des pays sous-développés, n'a pu faire l'économie d'une double extraversion mal gérée dans les politiques économiques mises en place après l'indépendance.

– Une double désarticulation : la désarticulation est d'abord sectorielle parce qu’elle se traduit par la faiblesse, voire l'inexistence de liaisons intersectorielles : l'économie sénégalaise est ainsi essentiellement constituée d'enclaves fonctionnant de façon quasi autonomes et isolées les unes des autres.

Elle est ensuite sociale (déséquilibre ville-campagne) parcequ'elle génère un développement anarchique et incontrôlable du secteur tertiaire du fait de l'accélération de l'exode rural et de la prolifération subséquente de multiples activités informelles.

– Une double extraversion : en premier lieu, elle relève de la structuration d'un système productif fondé sur une spécialisation dans la production de matières premières agricoles et minières (arachides et phosphates notamment) non intégralement valorisées localement, mais plutôt vendues sur les marchés internationaux : c'est l'extraversion des structure productives.

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Informations

Titre Sénégal : Crise économique et ajustement structurel
Auteur
Editeur NENA
Langue FR
Date de publication 01/01/2014

Droits numériques

Ean EPUB 9782370151001
Type de protection Digital watermarking
Ean PDF 9782370153524
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