chargement

Littérature et philosophie

éditeur : Uppr Editions
catégorie : Sciences humaines et sociales
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

EPUB

Digital watermarking
4,49 €
Lecture multi-support

Résumé

Extrait

Introduction

Le nœud gordien

Nœud il y a, repère-t-on, entre littérature et philosophie. L’image pour être peut-être jolie n’en est pas moins floue : s’agit-il d’un nouage amoureux, s’agit-il de l’anneau de l’alliance ? D’un nouage colifichet comme le nœud de cravate ? Du nœud du sac qui contient des trésors ou des cadavres ? Dans Les Nuits attiques (XVIII, 7) d’Aulu-Gelle, le philosophe Favorinus va à la rencontre du grammairien Domitius pour lui poser une question ayant trait à la philologie ; voici ce que le philosophe reçoit comme réponse : « Il n’y a rien de bon à espérer si les philosophes s’occupent de langage ». De fait, l’Histoire universitaire de la Littérature et l’Histoire universitaire de la Philosophie ont plutôt retenu le nouage érotique (est érotique ce qui fait lien) et guerrier qui unit les deux disciplines codées, historiées, sanctifiées en Occident ; Domitius communique avec Favorinus, quitte à lui parler de ses envies de silence universel. Chacune de ces Histoires proposent des questions, des méthodes, des techniques pour dénouer le fil embrouillé de ces liaisons dangereuses. Le meilleur moyen pour ne pas dénouer le nœud qui unie littérature et philosophie serait d’éviter d’abord la définition de chacun des trois termes problématiques, puis d’affirmer des généralités relatives aux genres, aux contextes historiques, généralités qui devraient alors leurs irréfutabilités à leurs largeurs.

Et quand on prétend (Platon par exemple) qu’il y a conflit, antagonisme, rivalité, discord, nœud entre littérature et philosophie, de quelle littérature et de quelle philosophie parle-t-on au demeurant ? De la littérature franco-française ? De la prolifique philosophie indienne des Brahma?as ? Écrit-on à Téhéran comme on écrit à Paris ? En parsi comme en démocrate ? Et la philosophie indienne possède-t-elle la même finalité que la philosophie antique grecque ? Y a-t-il seulement unité stylistique, générique ou idéelle au sein d’un courant unifié (au moins par le nom qu’il porte) comme le stoïcisme ou le réalisme ? La Philosophie, la Littérature, ces ob-jets existent-ils au singulier ? Oui, en tant que concepts, i. e. en tant que généralités, abstractions. Ainsi armé, avec nos mots au singulier, nous sommes juge et partie, du côté de la philosophie par les lois de la langue et de ses usages, puisque c’est par concepts que notre problème est posé.

Ce nœud, par les deux pans énormes de l’histoire humaine qui le constituent, appelle d’abord l’humilité, comme C. Bobin le dit dans une sorte de philosophème : « L’humilité, c’est la clef d’or » (Autoportrait au radiateur, 1997). Il y a tant de littératures, plus encore que de philosophies. À l’hypertrophie vertigineuse de ces champs, il faut ajouter tous les problèmes complexes afférents à la traduction, aux risques de traductions-trahisons (« Traduttore, traditore »).

Quel peut bien être l’intérêt de penser les rapports entre littérature et philosophie dans le cadre d’une étude de littérature comparée ? La littérature comparée est le lieu privilégié où l’on peut tenter de répondre à la question des impacts créés par des textes sur une civilisation : comment un courant philosophique et/ou artistique en vient-il à influencer des actes, une praxis [une pratique], imprégner les mœurs, les représentations, le peuple, le collectif ? En somme, le politique dont les médias actuels prétendent que les gens ne s’y intéressent plus…

Lire la suite...

Commentaires des lecteurs

9782371680357
- / 5
  5
  4
  3
  2
  1

Informations

Titre Littérature et philosophie
Auteur
Editeur Uppr Editions
Langue FR
Date de publication 05/11/2015

Droits numériques

Ean EPUB 9782371680357
Type de protection Digital watermarking
Haut