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Le monde arabe et la mondialisation - En 40 pages

éditeur : Uppr Editions
catégorie : Sciences humaines et sociales > Sciences Politiques
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

La chute de l’U.R.S.S., en 1991, a eu comme conséquence l’établissement des États-Unis comme hyperpuissance mondiale. La fin du système soviétique a aussi coïncidé avec la domination cognitive de la géostratégie dans le domaine de la pensée militaire. Il existerait donc un lien entre l’engouement pour la géostratégie et l’influence mondiale de l’hyperpuissance américaine (H. Paris, 2013). La stratégie repose sur la mise en place de l’objectif et des moyens militaires afférents devant être atteints suivant une politique prédéfinie. Depuis Sun Tzu, on sait que la stratégie militaire ultime consiste à gagner la guerre avant de devoir l’entamer : le meilleur des stratèges est celui qui sait contourner un choc frontal et éviter des pertes inutiles tout en arrivant à ses fins politiques. La géostratégie est la stratégie militaire appliquée aux relations internationales ; elle oppose les océans aux continents, les peuples de la mer aux peuples de la terre, les insulaires aux continentaux. La géostratégie est un discours né au XXème siècle, élaboré par des marins d’origine britannique, repris par les Allemands du IIIème Reich (Karl Haushoffer, figure tutélaire de l’école de pensée géostratégique germanique et concepteur de l’espace vital, conseilla les Nazis jusqu’en 1938), avant d’être récupéré par les militaires américains. La stratégie soviétique s’affirmait comme étant une science expérimentale visant la recherche des lois de la guerre, mais en fait, la géostratégie n’est pas une science, en ce que ses propositions n’ont pas de valeur heuristique et ne respectent pas les critères épistémologiques propres aux disciplines académiques (dont la falsifiabilité des énoncés théoriques, définie par Karl Popper) : il ne s’agit pas pour elle de dégager des lois universelles de la domination des nations. La géostratégie n’est pas non plus un art, l’expression romantique d’un peuple conquérant, bien que la corrélation entre l’application d’une pensée géostratégique et la modestie des forces armées disponibles (H. Couteau-Bégarie, 2002) mette en exergue le côté imaginaire, poétique et fantasmatique de l’intuition géostratégique ; cette dernière repose sur des observations précises et l’analyse de l’évolution de rapports de forces d’après des équilibres mondiaux et régionaux sur lesquels la puissance subjective cherche à avoir prise : elle analyse les données économiques, sociologiques, démographiques et militaires affectant la stratégie politique (F. Caron, 1995). C’est une pratique discursive plutôt anglo-saxonne, anti-idéologique en apparence, ne reposant sur aucun dogme en particulier, purement pragmatique. La géostratégie est la concrétion discursive et la sublimation littéraire de la volonté de puissance des grandes puissances. Dans la pensée militaire et la stratégie russes, la guerre est l’extension mondiale du domaine social de la lutte des classes. Au XXème siècle, le Pacte de Varsovie – soit l’U.R.S.S. et ses satellites d’Europe de l’Est – prônait un système économique socialiste, représentait le prolétariat et menait une guerre froide contre l’O.T.A.N. – soit les U.S.A. et ses alliés occidentaux, représentant la bourgeoisie capitaliste. La géopolitique des deux superpuissances était alors indexée, supportée et justifiée par deux idéologies opposées. Le capitalisme et le communisme constituaient des principes démocratiques mettant en avant respectivement la liberté et l’égalité en tant que discours modernes de légitimation. Il s’agissait ainsi de « formules politiques » des élites américaine et russe, au sens de Gaetano Mosca (1896), de paradigmes par lesquels elles structurèrent cognitivement leurs liens sociaux. La pensée militaire russe se subdivise en deux sous-ensembles (H. Paris, 2013) : la doctrine militaire, ayant trait au but d’une guerre potentielle et à sa caractérisation suivant l’orientation prospective des questions politiques et militaires, d’une part, et la science militaire, application de la doctrine au niveau de l’organisation du pays et de l’art militaire, de l’autre. L’art militaire russe se divise en trois disciplines : la stratégie, qui concerne le théâtre de guerre, l’art opératif, qui correspond au théâtre d’opérations, et la tactique, qui s’attache aux unités, un théâtre pouvant être à prédominance navale ou terrestre, mais ayant toujours une composante aérienne. La stratégie soviétique, nous l’avons dit, se voulait être une science. L’une des lois qu’elle aurait permis de découvrir est celle, dialectique, de la négation de la négation : tout système d’armes est nié par un système contraire, lui-même nié par un troisième, etc. Il n’existe pas d’arme militaire absolue ; la stratégie russe est déterministe : elle suppose l’existence de lois de la guerre. La géostratégie anglo-saxonne, quand à elle, est pragmatique. Cependant, si le géostratège n’est pas opposé à la théorie d’une arme absolue, par pragmatisme, il explorera toutes les voies pouvant contrer un dispositif en apparence imparable. Ainsi, les comportements stratégiques du stratège déterministe et du géostratège pragmatique convergent, bien que leurs "weltanschauungs stratégiques" soient opposées. Donc matériellement, la géostratégie est aussi déterministe que la stratégie déterministe, adoptant comme mode de réflexion la rationalité par rapport aux fins (zweckrational), ces fins étant politiques, la guerre étant la continuation de la politique par d’autres moyens (Clausewitz). La différence notable entre la stratégie déterministe russe et la géostratégie anglo-saxonne est que cette dernière privilégie l’espace maritime dans ses réflexions, établissant une opposition de principe (déterministe ?) entre les insulaires et les continentaux, et la prédominance tactique du contrôle maritime pour user l’adversaire. La géostratégie, basée sur l’action indirecte, est la stratégie des grandes puissances maritimes – l’Angleterre et l’Amérique –, capables de projeter leurs forces à distance, car leurs ennemis sont situés dans de lointains espaces de combat. La stratégie déterministe, elle, est basée sur l’action terrestre et le combat frontal directs : elle est privilégiée par les grandes puissances continentales – la Russie et la Chine – dont les ennemis sont souvent limitrophes. Une puissance choisit, privilégie et renforce un type de stratégie et de pensée militaire suivant sa situation géographique, car le but de la puissance est l’extension spatiale de sa puissance – au sens nietzschéen, une puissance affirmatrice est une puissance qui se veut elle-même : elle ne cherche pas à s’adapter à son environnement (le darwinisme est une doctrine réactive), mais à le dessiner suivant sa forme propre, toujours plus large – la stratégie et la pensée militaires, même pragmatiques, sont géo-déterminées. La géostratégie suppose donc l’existence d’une puissance, soit d’un acteur actif menant une stratégie sur un espace déterminé. Dès lors, décrire la géostratégie du monde arabe a-t-il un sens ?

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Informations

Titre Le monde arabe et la mondialisation - En 40 pages
Auteur
Editeur Uppr Editions
Langue FR
Date de publication 02/12/2015

Droits numériques

Ean EPUB 9782371680470
Type de protection Digital watermarking
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