chargement

Les grand enjeux géopolitiques de l'eau - Tome 1 L'eau pour vivre : eau potable, santé, agriculture

éditeur : Uppr Editions
catégorie : Sciences humaines et sociales > Sciences Politiques
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

EPUB

Digital watermarking
4,49 €
Lecture multi-support

Résumé

Extrait

INTRODUCTION

Notre terre est d’abord et avant tout un monde liquide. En effet, l’eau représente 70% de la surface du globe sous forme d’océans et constitue la principale composante de la vie. Cependant, cette ressource est perçue comme « rare » et « précieuse » : comment en arrive-t-on à ce paradoxe?

Le volume d’eau terrestre est estimé à 1,4 milliard de km3, dont seuls 2,5%, soit 35 millions de km3 correspondent à de l’eau douce, propre à la consommation et aux activités humaines, mais aussi indispensable pour l’ensemble des écosystèmes terrestres, lacustres et fluviaux. De cette eau douce, 68,9% est indisponible, stockée sous forme de neige permanente, de glaciers ou dans les calottes polaires qui en concentrent la vaste majorité. Enfin, près de 31% de l’eau douce se trouve sous la surface terrestre, soit dans des nappes ou bassins souterrains (les aquifères), soit dans l’humidité du sol et les marécages, soit encore prisonnière du pergélisol, ce sol gelé en permanence, principalement trouvé dans les régions septentrionales de l’hémisphère Nord et dans des régions de hautes altitudes. Les réserves d’eau douce souterraine représentent 97% de l’eau dont disposent les humains pour leurs activités et leur survie, les fleuves, rivières et lacs (l’eau dite « de surface ») ne représentant que 0,3% de l’eau douce mondiale.

Au final, l’humanité se contente de 0,02% de l’eau présente sur le globe terrestre, ce qui représente 6900 m3 par an et par être humain, soit sept fois plus que qui serait théoriquement nécessaire à subvenir à ses besoins. Le principal enjeu lié à l’eau n’est donc pas celui de sa disponibilité à l’échelle planétaire, mais bien celui de sa répartition et de son accès. L’Asie concentre 61% de la population mondiale pour seulement 36% des ressources hydriques, tandis que l’Amérique latine, avec 6% des humains, abrite 26% des ressources en eau. Ainsi, 12% de la population mondiale vit avec moins de 2000 m3 par personne et par an : parmi eux, 70% des habitants du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, 25% des africains subsahariens, 20% des Européens et 5% des asiatiques et des latino-américains. À l’inverse, six pays abritent la moitié de l’eau douce disponible (le Brésil, le Canada, la Chine, l’Indonésie et les États-Unis), dont il faut noter qu’ils rencontrent tous eux-mêmes de sérieux problèmes, comme des crises chroniques autour de la ressource (dans le Nordeste brésilien, le Sud-ouest américain, les Prairies canadiennes et le Nord-est de la Chine qui font face à des pénuries), tandis que l’Indonésie tout entière est touchée par la pollution et le manque d’accès à l’eau potable.

Lorsqu’on s’intéresse aux problématiques sociales et politiques liées aux ressources hydriques, et ce à toutes les échelles, il faut donc garder en tête que l’eau douce est caractérisée par une répartition extrêmement inégale, aussi bien dans l’espace que dans le temps : en effet, la plupart des régimes climatiques présentent une alternance de saisons humides et sèches qui affecte considérablement la disponibilité temporelle de l’eau. La question qui se pose à l’issue de ce constat de base est donc de savoir comment les sociétés intègrent ces contraintes dans la construction d’une relation spécifique, à la fois politique, sociale et culturelle, avec la ressource en eau.

Par exemple, le Québec et les Québécois ont une vision de l’eau qui est profondément marquée par un paradigme d’abondance : on y paye très peu cher pour l’eau (même si c’est, dans la réalité, assez faux, puisque nous payons par nos impôts l’ensemble des systèmes et des technologies qui nous permettent d’y avoir accès, ainsi que les actions pour restaurer les ressources polluées par un mauvais usage) et on y entretient un rapport à la ressource qui en fait à la fois un symbole, une richesse nationale, un moteur de croissance, mais aussi une ressource quasi infinie et dont la fragilité, par exemple face aux contaminants, n’occupe qu’une place récente (et relative!) au sein du système collectif de représentations. À l’inverse, un pays comme l’Espagne, notamment dans sa partie méditerranéenne au climat marqué par une forte irrégularité des précipitations et des périodes de sécheresse prolongées, a développé, à l’instar de nombreuses autres cultures du bassin méditerranéen, un rapport à l’eau très différent, profondément structuré autour de la sécurité hydrique et qui a donné lieu à l’une des civilisations les plus créatives en matière hydraulique, la Méditerranée.

Les grands enjeux contemporains de l’eau s’articulent donc tous autour de cette complexe relation à la fois politique, sociale et culturelle qui unit les sociétés et une ressource particulière, spécifique et essentielle. Les problématiques qui en résultent sont alors présentes à toutes les échelles depuis le local jusqu’au global, ainsi que dans l’ensemble des domaines et des aspects d’une société. Cette capacité de l’eau à exprimer les dynamiques et les enjeux d’une société en fait ainsi un objet d’étude particulièrement intéressant et apprécié des chercheurs.

C’est dans cette perspective que nous avons choisi de construire cet ouvrage autour de six des principaux défis qui se dégagent pour la ressource en eau en ce début de XXIe siècle et qui font écho à d’autres dynamiques et enjeux plus larges qui concernent toutes les sociétés humaines à toutes les échelles d’espace et de temps. Le premier enjeu que nous examinerons est celui de l’eau agricole qui doit assurer la sécurité alimentaire d’une population mondiale en pleine explosion démographique. Le second est celui de l’eau dans les villes, une réalité très complexe et qui devient cruciale dans un contexte de croissance urbaine sans précédent à travers le Monde, notamment dans les Suds. Le troisième enjeu abordé sera celui du rôle essentiel de l’eau dans la santé humaine et environnementale, un enjeu essentiel du développement durable. Le quatrième enjeu présenté ici est celui des mécanismes de gouvernance et de la formation des dynamiques de conflit et de coopération qui s’articulent autour de la ressource en eau. Le cinquième, dans la continuité du précédent, s’attache aux statuts juridique de l’eau, changeants, à géométrie variable et sources de conflits. Enfin, le sixième enjeu tentera d’aborder l’impact des changements climatiques sur les ressources en eau, notre manière de les percevoir et de les gérer, ainsi que l’urgence d’adopter un mode de relation responsable, durable et résilient avec cette ressource essentielle

Lire la suite...

Commentaires des lecteurs

9782371680685
- / 5
  5
  4
  3
  2
  1

Informations

Titre Les grand enjeux géopolitiques de l'eau - Tome 1 - L'eau pour vivre : eau potable, santé, agriculture
Auteurs ,
Editeur Uppr Editions
Langue FR
Date de publication 25/05/2016

Droits numériques

Ean EPUB 9782371680685
Type de protection Digital watermarking
Haut