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Terreur et Révolution française

éditeur : Uppr Editions
catégorie : Sciences humaines et sociales > Histoire
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

En ces premières années du XXIe siècle, un peu plus de 220 ans après la fondation de la Première République, le souvenir de la Révolution française demeure associé à quelques-uns de ses textes fondamentaux (avant tout la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen), à certains de ses protagonistes majeurs en dépit des légendes noires ou dorées qui les entourent souvent, mais aussi aux violences qui l’ont accompagnée. Quiconque interroge des passants au hasard et leur demande de livrer des mots liés à cette révolution entendra presque à coup sûr « guillotine » et « terreur ». Terreur et Révolution française semblent si indissociables que les historiens ne cessent, dans les décennies 2000-2010, de débattre pour en traquer les origines (plutôt une spécificité anglo-saxonne, avec notamment Choosing Terror [Linton, 2013] et The Coming of the Terror [Tackett, 2015]), les fondements intellectuels (The Terror of Natural Right [Edelstein, 2009]), les effets (La politique de la Terreur [Gueniffey, 2000] ; Der Weg in die Terreur [Schönpflug, 2002] ; Les politiques de la Terreur [Biard, 2008] ; Visages de la Terreur [Biard-Leuwers, 2014]), ou encore les échos historiographiques, avec une terreur qui constituerait une sorte de « part maudite de la Révolution » (La Terreur [Martin, 2010]). Certains titres choisis par des historiens étrangers attestent également cette idée d’une macule indélébile qui souillerait à jamais l’Histoire française (The Terror. The Shadow of the Guillotine [Fife, 2006]), ou d’une Révolution devenue « guerre civile » (The Terror. Civil War in the French Revolution [Andress, 2005]). Pire, le mot « terreur » et ses dérivés (« terrorisme/te ») suscitent parfois des amalgames pour le moins contestables. Ainsi, en 2008, un ouvrage collectif paru en Australie (Bowden, Davis et Robertson) proposait une couverture-choc où le mot Terror, accompagné du sous-titre From Tyrannicide to Terrorism (le tout en lettres rouge sang), était encadré d’une image de Charles Ier conduit au lieu de son exécution et de la photo d’un double-decker londonien pulvérisé par une bombe de l’IRA… Cet ouvrage comporte une brève synthèse sur « The Terror in the French Revolution », texte d’un historien sérieux (Gough), mais qui de fait se retrouve noyé dans une vision d’ensemble brassant, à travers les siècles, le thème du tyrannicide, la « terreur rouge » dans la Russie bolchevique, le fascisme et le nazisme, les attentats de l’IRA, sans oublier les « terrorismes » qui sévissent de nos jours. Bien sûr, des voix se sont élevées pour dénoncer l’amalgame entre terreur et terrorisme (Wahnich, 2003) ; pour autant, on en viendrait presque aujourd’hui à considérer comme audacieux un auteur qui publie une synthèse sur la Révolution française sous le titre Liberty or Death (McPhee, 2016), en écho à la devise « la liberté ou la mort » chère aux hommes de la Révolution. Devise dont il convient de rappeler ici qu’elle impliquait non de tuer les adversaires de la liberté, mais de s’engager en sa faveur et de périr pour elle, s’il le fallait, plutôt que de la voir anéantie par ses ennemis. En témoigne le Chant du départ de Marie-Joseph Chénier (1794), appris par des générations d’écoliers des républiques françaises successives et aujourd’hui par trop oublié : « La République nous appelle, / Sachons vaincre ou sachons périr. / Un Français doit vivre pour elle, / Pour elle un Français doit mourir ». Quant à la petite monnaie du débat historiographique dispersée dans les médias, elle n’en est qu’encore plus consternante et une simple heure de navigation sur l’Internet suffit à s’en persuader : ici, un compte rendu d’un ouvrage collectif sur le sujet Terrorismes. Histoire et droit (Laurens et Delmas-Marty, 2009) est intitulé « Le terrorisme de Robespierre à Al-Qaïda » ; là, un titre d’article consacré à la Révolution annonce sans détour « Quand le terrorisme était une valeur républicaine », cependant qu’en 2016 d’aucuns osent rapprocher Daech et « la France de Robespierre » (expression au demeurant dénuée de sens). Or, la vague d’attentats qui a ensanglanté la France en 2015-2016 est, hélas ! venue renforcer cette tendance à la confusion non seulement sur le sens des mots, mais aussi et surtout sur les liens entre terreur et Révolution française.

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Titre Terreur et Révolution française
Auteur
Editeur Uppr Editions
Langue FR
Date de publication 30/09/2016

Droits numériques

Ean EPUB 9782371680906
Type de protection Digital watermarking
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