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L'image dans l'histoire de l'écriture - En 40 pages

éditeur : Uppr Editions
catégories : Sciences humaines et sociales, Sciences humaines et sociales > Histoire
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Introduction

L’écriture et l’image sont traditionnellement perçues comme deux médias différents et bien distincts dans l’enseignement tant de la littérature que du dessin et de la peinture. Pourtant la création contemporaine met en question cette séparation. Nous vivons à l’« époque de l’image », affirmation qui tient de l’évidence parce que l’invention du cinéma et la multiplication des supports numériques font de l’image un canal privilégié de communication. Nombre d’études ne manquent pas de souligner à quel point l’image, que cela soit dans la création publicitaire, culturelle ou artistique, joue un rôle décisif dans la manière de penser de notre siècle. Certains auteurs, comme Ernst Gombrich, craignaient même, il y a quelques dizaines d’années, qu’à force de s’imposer de plus en plus, l’image finisse par remplacer l’écriture (E. H. Gombrich, Gombrich : l’essentiel : écrits sur l’art et la culture, présenté par Richard Woodfield, Éd. Phaidon, Paris, 2003). Et la surenchère des occurrences où l’image peut être rencontrée semble valider cette hypothèse. Dans la comparaison avec l’écriture, les partisans de l’image affirment que cette dernière possède des pouvoirs bien plus importants. Contrairement à l’écriture, qui est décodable d’après les règles très précises de l’alphabet, l’image n’a pas forcément d’interprétation immédiate et univoque. Elle présente par conséquent une pluralité de possibilités d’interprétation inscrites dans sa forme. De plus, l’image serait en principe universelle, alors que l’écriture, soumise à la parole, rencontre les frontières imposées par les langues. La richesse de son contenu ainsi que les nombreuses potentialités qu’elle englobe font de l’image, au moins en apparence, un média préféré à l’écriture.

L’enseignement contemporain des lettres et des arts nous impose une distinction fondamentale entre lire un texte et interpréter une image et, d’une certaine manière, cette différence est perçue comme infranchissable. Il s’agirait de deux modes de décodage de l’information qui ne font pas appel aux mêmes parties du cerveau, disent les neurologues. L’hémisphère gauche du cerveau serait en charge du traitement linéaire, séquentiel et analytique des données, c’est-à-dire de l’écriture, et le cerveau droit serait plus apte à explorer les images en introduisant la spatialité. La même distinction entre la linéarité de l’écriture et l’appel à la spatialité de l’image sert également à définir la différence littérature/peinture. La création dans ces domaines a essayé de garder pendant longtemps « la pureté » des arts en évitant à tout prix le mélange de ces deux médias.

Mais, paradoxalement, la société contemporaine semble vouloir prouver que plus on a d’images, plus l’écriture est présente elle-aussi dans leur proximité immédiate. Le monde de l’image est, en effet, étrangement lettré parce que les mots ont pris la forme d’une écriture qui envahit à proprement parler tous nos espaces de vie. Des affiches aux panneaux publicitaires ; des inscriptions sur les murs aux textes notés sur les produits de consommation ; des vêtements à texte aux tasses de café qui portent des messages personnalisés, tout semble faire partie de l’empire de l’écriture. Pour le constater, il suffit de regarder autour de nous : les rues sont encombrées de messages plus ou moins longs qui nous informent ou nous conseillent. Les marques, les enseignes, les lettres signalétiques font partie du paysage quotidien et les vêtements portent de plus en plus souvent des messages. Si le principe de la lecture veut que la forme des lettres, signes intermédiaires entre le contenu et le récepteur, soit oubliée dans ce processus, la caractéristique étrange de cette nouvelle écriture est qu’elle s’immisce dans la perception aussi en tant qu’image. Tantôt informelles, tantôt ornementales, les lettres disséminées dans le paysage urbain ont de plus en plus tendance à ne plus différencier écriture et image. La même tendance est présente dans le cadre des arts : la poésie – en s’interrogeant sur la dimension graphique de l’écriture – devient poésie visuelle et les arts visuels contemporains entendent inclure les lettres et les mots au même titre que les autres composants plastiques. De plus, dans les créations plus récentes, comme la publicité, l’écriture et l’image sont d’ores et déjà des médias de communication qui vont de pair. Nous vivons à l’époque de l’image, certes, mais, d’une certaine façon, cette époque est aussi celle de l’écriture, et notamment de l’écriture-image. L’explication de cette explosion des occurrences où écriture et image interagissent sur un même support peut être cherchée dans l’histoire des relations entre les deux en commençant avec l’histoire de l’écriture.

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Titre L'image dans l'histoire de l'écriture - En 40 pages
Auteur
Editeur Uppr Editions
Langue FR
Date de publication 30/05/2015

Droits numériques

Ean EPUB 9782371681958
Type de protection Digital watermarking
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