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Les noirceurs de l’univers

éditeur : Uppr Editions
catégorie : Actualité et documents
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Du noir

Quoi de plus réjouissant que d’évoquer le noir ? Qui plus est, proclamer haut et fort que l’Univers se pare de noir voire de noirceurs ? Le mot pourtant, dans son acceptation culturelle, traduit rarement une qualité. On imagine sans peine la noirceur d’un Thénardier opposée à la blessure d’un Jean Valjean ou à l’humanisme du prêtre qui l’accueille. Mais les noirceurs que je me propose d’évoquer ne décrivent aucunement les traits d’un univers malveillant ou présumé hostile à notre endroit. Noir qualifie par effet de miroir inversé, que notre îlot de lumière terrestre reste un lieu d’exception et que les étoiles demeurent des balises rares, mais indispensables à notre prédisposition à rêver.

Certes, le noir est abîme, il cache, inquiète, on ne sait ce qui peut en surgir. Dark Vador représente la force qui défie le héros positif auréolé de lumière. Fiat Lux est la source d’énergie qui se met en branle la création. La lumière est associée aux origines des structures matérielles et de la vie ; pour certains, elle émane d’un Créateur. Pourtant, comme l’écrit Pierre Soulages, le noir est antérieur à la lumière, il forme une boucle à partir du néant pour terminer sur la mort. Cette représentation caractérise-t-elle notre culture occidentale ? A contrario en Orient, le noir orne les parures des célébrations festives tandis le blanc accompagne le deuil.

D’ailleurs, comment définir le noir ? Du point de vue culturel, on peut le considérer comme une couleur. Du point de vue de la physique, elle n’en est pas une et serait le signe d’une absence qui exalte la lumière !

Ajoutons que le noir dont nous parlons décrit le point de vue de notre œil, par essence anthropomorphiste. La lumière, dite visible, ne l’est qu’en raison de la longue adaptation de l’œil à la lumière de l’astre solaire. Cette adaptation nous est propre, d’autres êtres vivants perçoivent d’autres lumières, plus conformes à l’environnement qui est le leur, lumières qui pour nous seraient invisibles : ultraviolette ou les ondes infrarouges. En réalité, le concept de lumière doit s’élargir à tous les phénomènes électromagnétiques dont la plupart sont invisibles. Nous y reviendrons. Le physicien Jean-Marc Levy-Leblond rappelle que la fascination de l’esprit humain pour le noir n’épargne pas l’imaginaire scientifique. Le jargon scientifique recense de nombreuses expressions, liées à des problèmes, souvent énigmatiques pour le grand public, qui évoquent le noir : le rayonnement du corps noir, la lumière noire, les éclipses, voire l’Eve africaine qui serait notre mère à tous. Du plomb peut surgir l’étincelle de l’or, raison pour laquelle nos ancêtres alchimistes attachaient tant d’importance à l’œuvre au noir.

Que nous dit le ciel ?

Le ciel est semblable à une coupe renversée que les étoiles criblent de scintillations à peine tremblées. Par une nuit d’été, allongé sur l’herbe fraîche j’aime contempler les étoiles filantes et, vers le zénith, apercevoir les trois belles de l’été que sont Altaïr, Deneb et Véga. Contrairement à un sentiment d’infini largement partagé, le nombre d’étoiles visibles à l’œil nu est très limité. 3000 par nuit claire. Entre ces points lumineux, on discerne quelques étoiles pâlottes mais le noir prédomine. La Voie Lactée, cette grande écharpe lumineuse qui traverse le ciel fait exception, mais partout ailleurs les étoiles sont rares, trop rares pour couvrir l’ensemble du firmament.

Il n’empêche, elles luisent comme des promesses étincelantes et nourrissent nos projets de rencontres, de voyages et d’aventures. Imaginons un seul instant l’humanité en leur absence. Il est possible que des êtres vivants habitent une planète lointaine, à des millions d’années-lumière de chez nous, il est possible que leur ciel soit obscurci par un nuage persistant, que sais-je ? S’ils rêvent, à quoi rêvent-ils ? Sans étoiles, nous n’aurions probablement jamais levé les yeux vers le haut, vers l’inaccessible. Les étoiles portent nos rêves et les protègent.

Depuis que les astronomes observent, ils se rendent à l’évidence : l’Univers est sombre et la lumière est exception. J’ajouterais que si la lumière est le seul lien qui nous relie à l’univers, c’est son absence qui retient notre attention. Ainsi, l’obscur est le sceau qui clos notre ignorance, que l’on espère provisoire. Le noir de la nuit fut une source d’interrogation pour une poignée d’entre nous seulement. Mais lorsqu’on évoque la matière noire ou l’énergie noire, ce qualificatif traduit plutôt notre incapacité à identifier leur nature. Quel type de matière, quelle sorte énergie ? Nul ne le sait encore. A l’évocation d’un trou noir, nous acceptons de plonger dans un monde occlus bordé de mystère. Nous rencontrerons aussi d’autres noirs, celui de la matière qui se rassemble et prépare l’éclosion de nouvelles étoiles ou celle qui prépare la vie. Ces invisibles nous convient à un voyage dans l’obscur, épaulé par une sentinelle étincelante : la lumière.

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Informations

Titre Les noirceurs de l’univers
Auteur
Editeur Uppr Editions
Langue FR
Date de publication 28/04/2017

Droits numériques

Ean EPUB 9782371682238
Type de protection Digital watermarking
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