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Grand angle sur l’espionnage russe

éditeur : Uppr Editions
catégorie : Actualité et documents
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Depuis les élections américaines et les accusations portées par les néoconservateurs et des membres du parti démocrate contre Moscou qui aurait influé sur les résultats, les services secrets russes sont sur le devant de la scène. S’il est parfaitement normal que les services russes (et bien d’autres) se soient intéressés aux élections américaines car le recueil de renseignements est leur raison d’être, ce qui l’est moins ce sont les supposées manœuvres d’ingérence destinées à influer sur les résultats. Cela dit, aucune preuve pouvant permettre l’ouverture de poursuites judiciaires n’a été trouvée au moment où sont écrites ces lignes. De plus, il est toujours pratique pour un perdant, dans le cas présent Hillary Clinton, – qui, par la même occasion, détourne l’attention des casseroles qu’elle traîne derrière elle – d’accuser l’« étranger » d’être derrière sa défaite. C’est une tactique habile pour se dédouaner de toute responsabilité tout en se victimisant. Ce qui est plus inquiétant, c’est la manière de tenter de délégitimer le gagnant en sapant sa capacité future à gouverner. Il s’agit d’un déni de Démocratie qui peut avoir des conséquences catastrophiques dans l’avenir car il est de plus en plus constaté que le résultat d’élections – même dans des pays démocratiques – est désormais quasi systématiquement contesté par les vaincus. Enfin quand les résultats ne font pas de doute sur plan des chiffres, l’arme ultime employée est de rappeler que Hitler a été élu « démocratiquement » ; cela clôt automatiquement tout débat. Dans certains cas et particulièrement en France, affirmer que les services secrets russes s’intéressent à vous est une manière d’exister : si Moscou tente de vous infiltrer, c’est que vous êtres important. Une pub à bon compte en quelque sorte… Mais cela dit, il est parfaitement exact que sous l’impulsion du président Vladimir Poutine lui-même ancien officier de renseignement, les services russes ont retrouvé une puissance importante. Cela entre dans le cadre de l’affirmation d’influence prônée désormais par Moscou. Lors de sa dernière conférence de presse annuelle que le président russe a donné en décembre 2016, il lui a été demandé par le représentant du Wall Street Journal s’il songeait à avancer l’élection présidentielle, il a répondu avec un certain humour « dans quel pays ? »

Dans le but de gagner encore en efficacité, un projet de renaissance de l’ancien KGB, le Comité pour la sécurité d’Etat (Komitet gosudarstvennoy bezopasnosti), la principale agence de sécurité de l’ex Union soviétique dissoute en 1991 serait à l’étude. En effet, le président Poutine souhaiterait regrouper la majorité des services de renseignement et de sécurité dans une seule entité, comme c’était le cas avant l’éclatement de l’URSS. Elle pourrait porter le nom de Ministère de la Sécurité d’Etat ou MGB (Ministerstvo gosudarstvennoy bezopasnosti). Cette appellation avait déjà existé entre 1946 et 1953, le MGB ayant succédé au NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires intérieures, Narodnii Komissariat Vnoutrennikh Diel) à partir de la GPU ( Direction politique d’État, Gossoudarstvénnoïe polititcheskoié oupravlénié), elle-même héritière de la Tchéka (Commission extraordinaire panrusse pour la répression de la contre-révolution et du sabotage, Vserossiïskaïa Tcherzvytchaïnaïa Kommissia).

Le nouveau ministère regrouperait :

• le Service de renseignement extérieur ( SVR, Sloujba vnechneï razvedki Rossiskoï Federatsi) très actif mais moins connu que le FSB toujours désigné comme l’« héritier du KGB » alors que les hommes de l’art savent que le SVR est issu du prestigieux « Premier directorat »;

• le Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie (FSB, Federalnaïa sloujba bezopasnosti Rossiyskoï Federatsii), chargé des affaires de sécurité intérieure mais qui est compétent pour le contre espionnage sur toute la planète et plus généralement dans les pays considérés faisant partie de la sphère russe – par exemple en Ukraine ;

• le Service de protection fédéral ( FSO, Federalnaya Sluzhba Okhrany) ancien « Neuvième directorat » du KGB chargé de la protection des hautes personnalités et des installations gouvernementales, mais à l’exclusion du Service de sécurité présidentiel (SBP) constitué de 3000 personnels en civil qui resteraient rattachés à la personne du président. Ces services peuvent s’apparenter au Service de la protection (SDLP) français auquel il faudrait rajouter le Régiment de la garde et le service spécial des communications de Russie « Spetssvyaz » chargé de protéger les communications gouvernementales. Une autre différence est que les 50 000 personnels (dont une partie en uniforme) affectés à cette unité ont des missions de police très élargies et que les fonctionnaires qui protègent des personnalités renseignent aussi le pouvoir sur la conduite de leurs protégés.

• Comme par le passé, la Direction générale des renseignements de l’État-Major des Forces Armées de la Fédération de Russie ( GRU, Glavnoyé Razvédyvatel’noyé Oupravléniyé) conserverait son indépendance. En fait, elle est un outil dans les mains du tout puissant ministre de la défense, Sergueï Koujouguétovitch Choïgou parfois présenté comme le dauphin du président Vladimir Poutine.

Si le MGB était créé, il n’est pas sûr qu’il porterait alors cette appellation qui rappelle trop de mauvais souvenirs. Cela dit, le président Poutine effectue un travail de mémoire de réhabilitation du passé russe en affirmant par exemple : « Vous connaissez mon attitude envers la désintégration de l’Union soviétique. Ce n’était pas du tout nécessaire. On pouvait procéder à des réformes, y compris démocratiques, sans passer par là. ». Le souci d’efficacité opérationnelle est au centre de cette réforme, d’autant que la Russie est confrontée à de nombreux défis parmi lesquels l’OTAN, l’islam radical et le crime organisé sont considérés comme les menaces prioritaires. En ce qui concerne l’OTAN, on retrouve là le « complexe de l’encerclement » qui a toujours prévalu depuis l’Empire russe en passant par l’URSS puis la Russie d’aujourd’hui. En fin de comptes, la peur réciproque ne sert qu’à augmenter les tensions qui risquent de dégénérer à tout moment.

Mais la question se pose : que font réellement ces services spéciaux en dehors de tous les phantasmes développés dès que l’on parle de l’espionnage russe ? Rien de tels que des cas concrets pour tenter de les découvrir avec leurs forces mais aussi leurs faiblesses.

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Informations

Titre Grand angle sur l’espionnage russe
Auteur
Editeur Uppr Editions
Langue FR
Date de publication 28/04/2017

Droits numériques

Ean EPUB 9782371682245
Type de protection Digital watermarking
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