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Yoga : Poèmes pour l'éveil et l'épanouissement

éditeur : Editions de l'Éveil
catégorie : Religion et spiritualité
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

À l’intérieur de mon corps existe une ville… » Cette phrase m’est venue à l’esprit par un soir d’hiver de 1995 alors que j’étais dans la posture du chien la tête tournée vers le bas et que j’essayais de respirer, de demeurer détendue, ignorant le tiraillement de mes tendons et la douleur de mes bras. Je me mis à répéter intérieurement cette phrase et me sentis plus calme. Deux respirations, trois, quatre… Je pressai mes talons contre le sol, sentis la terre « un peu plus légère entre mes orteils ». Revenant à peine d’un voyage de huit mois à Tokyo qui a finalement duré cinq ans, la pensée que dans mon corps existait une ville ne pouvait que me plaire ! Une autre ville étrangère à explorer, pensai-je ; une ville encore non visitée : elle était faite pour moi. Mes bagages étaient déjà prêts.

Bien que je ne le sache pas encore, j’étais revenue de mon séjour au Japon grandement changée. Je me retrouvais tout à coup seule, tiraillée entre des métiers et des mondes. Le nord de la Californie ne me faisait pas oublier le rythme infernal de Tokyo où j’étais trop occupée pour m’occuper de mon corps, de ma respiration ou de mes sentiments ! Je courais d’un job à l’autre, d’un gymnase à l’autre, d’un dîner à l’autre, pour finalement rentrer par le dernier train et m’écrouler au lit. Le lendemain, idem. De retour en Californie, débarrassée de mes affaires, je me découvrais une étrangère dans son propre corps. Le yoga me fit retrouver l’adresse où j’habitais !

Ce voyage intérieur me fut personnel et pas toujours aisé. Je découvris que certains endroits de mon corps étaient si durs et si coincés qu’à moins d’y aller en douceur, ça casserait… Au début, j’avais peur de me briser la colonne vertébrale ou le cou. En vérité, je n’avais aucune notion de ma force ou de ma faiblesse. La première fois que je fis la Charrue, je n’arrivais pas à respirer. Pendant le Poisson, j’avais l’impression de suffoquer ! J’ai eu de la chance que mon professeur, Veera Wibaux, mime et mystique, nous apprenne le Hatha yoga dans le jeu et dans la joie. J’appris à tenir une posture sur la tête mais auparavant, j’avais appris l’art de tomber. Je voyais mes peurs s’évanouir et parfois persister. Au cours de ce processus, je libérais des tonnes de déchets émotionnels que la thérapie et d’autres formes de soins n’avaient pu qu’amorcer le décapage et non point déraciner. J’avais pratiqué l’aérobic pendant des années, étudié les arts martiaux, le taïchichuan, la méditation zen… mais seul le yoga rendit possible l’expérience méditative profonde de mon corps. Respiration après respiration, j’apprenais à me déployer.

En progressant dans ma pratique du yoga, je m’efforçais de laisser mon corps mobiliser mon esprit ; l’ouverture de mon corps et de mon cœur ouvrit les vannes de la créativité. Le chien la tête tournée vers le bas fut le premier de mes poèmes et il est demeuré encore aujourd’hui l’un de ceux que je préfère. Au fil des années, ma production poétique s’intensifia. Ils me venaient à l’esprit en cours ou chez moi, lorsque je tenais la posture ou juste après.

Parfois, je ne pouvais écrire qu’une seule ligne mais parfois aussi, c’est tout un poème qui venait quand la posture, elle, n’avait pu tenir la distance ! Je compris beaucoup de cette expérience. Était-il judicieux d’écrire un poème sur une posture que je n’avais pas encore maîtrisée ? L’exploration de la posture n’était-elle pas aussi importante, sinon plus, que l’exécution d’une posture apparemment parfaite ? N’était-il pas merveilleux de contempler son échec puis de se relever pour recommencer de plus belle ? La plupart du temps, c’est ce que je me disais…

D’une manière tout à fait étonnante, la magie de l’exploration interne me fit sortir de moi-même. La respiration était le pont qui permit d’accéder à une plus grande compréhension de soi, me tournant davantage vers autrui et suscitant un engagement plus prononcé envers la communauté. Au cours de mes conférences publiques, j’exécutais toujours une posture avant de dire un poème ! Les poèmes pénétraient ainsi encore plus profondément dans mon cœur. Le poème prenait vie dans mon esprit dès que j’entrais dans la posture. tout comme les mots, à l’inverse, avaient le don de la vivifier. L’atmosphère trop souvent pesante des lectures de poésie s’en trouvait d’autant allégée. En 1998, je participais à une lecture de charité au profit d’une revue littéraire locale dans la petite ville de West Marin ; une éditorialiste du Yoga Journal était dans la salle. Elle aima le poème et m’encouragea à poursuivre mon livre. C’est ainsi que ce livre vit le jour…

J’ai conçu cet ouvrage comme un hommage aux huit graduations que le sage Patanjali décrivit dans le Sutra Yoga, un système révolutionnaire qui éveille à la conscience du corps et de l’esprit et dont le maître tibétain Djwhal Kulh s’est fait l’écho en prédisant qu’il « serait encore en usage pour entraîner l’esprit des disciples au contrôle dans 7 000 ans ! » La pratique yogique des huit graduations suit un chemin parallèle au sentier octuple du bouddhisme des origines et les deux disciplines sont considérées comme fondamentales dans le développement spirituel. Les huit graduations du Sutra Yoga de Patanjali sont à la base des étapes successives conduisant à acquérir la « puissance yogique » en intégrant les principes moraux, les recommandations, les postures, le contrôle de la respiration, le retrait des sens, la concentration, la méditation et la contemplation pure.

Au cours de mon apprentissage, je fus inspirée par la sagesse et la profondeur du Sutra Yoga. J’ai été sensible à la notion de « sutra » qui renvoie à la fois à la prière/bénédiction et à la « suture » ou reprise. Les poèmes de ce livre « reprisent » ensemble les expériences de la pensée, du corps et de l’esprit. Après tout, le mot yoga est issu du sanskrit yuj, « unir, joindre »… C’est l’union, l’avènement de la rencontre entre l’esprit et le corps.

Chaque poème tire son nom de la terminologie des asana (« postures ») ou d’une pratique respiratoire. Les poèmes sont organisés en fonction d’une « graduation » particulière ayant trait à la nature de l’expérience qu’ils décrivent. Certains poèmes font directement référence à des asanas spécifiques, de façon concrète ou abstraite tandis que d’autres ont un caractère plus narratif et plus personnel. Beaucoup sont des « méditations » abstraites qui ont affleuré à la surface au cours d’une intense pratique physique et spirituelle du yoga. Certaines postures, telles que la Fente Avant ou le Dauphin, sont des variantes modernes dérivant d’anciennes postures et ne possèdent pas de noms sanskrit universellement acceptés. Il y a bien plus d’exercices ou de postures de respiration que de poèmes de référence dans ce livre. Et, puisque la respiration se trouve être à la fois le cœur du yoga et le pilier de chaque posture, certains poèmes faisant partie du chapitre Pranayama (« contrôle de la respiration ») conservent leur terminologie posturale plutôt que respiratoire.

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Informations

Titre Yoga : Poèmes pour l'éveil et l'épanouissement
Auteurs ,
Editeur Editions de l'Éveil
Langue FR
Date de publication 04/07/2016

Droits numériques

Ean EPUB 9782374150550
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9782912795243
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