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Épanouissement sexuel et psychotérapie

éditeur : Editions de l'Éveil
catégorie : Santé, bien-être et famille > Développement personnel et relations
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

2. LE SEXE, UN DOULOUREUX PROBLÈME ?

La délicate alliance de la sexualité et du féminisme

Les années 1960, en France, aux États-Unis, et dans une large part du monde occidental, virent éclore les revendications des femmes pour le droit à leur liberté, leur autonomie et leur respect dans la vie en général et dans la sexualité en particulier. Cependant, dès les premières heures du mouvement se firent jour des désaccords parmi les militantes et deux camps se formèrent en opposition. La journaliste féministe Ellen Willis analyse, dès 1982, le schisme politique qui s’est constitué aux États-Unis entre les féministes qu’elle qualifie de « néo-victoriennes » et celles qui ont été nommées « pro-sexe ». Cette fracture, que l’histoire a conservée sous le nom de Sexe Wars (Les guerres du sexe), qui s’est cristallisée autour de la question de la pornographie et des pratiques SM, a renforcé la dialectique sainte/putain et a contribué à assimiler le féminisme à la lutte contre l’érotisme et le plaisir. D’autre part, l’arc-boutement des deux camps sur des positions radicales (l’assimilation du sexe à la violence pour les premières et la défense de la liberté sexuelle pour les secondes) a donné une image caricaturale et manichéenne des positions féministes et n’a pas permis, selon Ellen Willis, la création d’une théorie féministe radicale du sexe.

Judith Butler a montré comment les théoriciennes féministes avaient, dans leur grande majorité, abandonné les questions sexuelles au profit de l’analyse des rapports de domination au prisme du genre et comment l’étude des sexualités se réduit souvent aux études gaies et lesbiennes. Du reste, l’appropriation de la lutte contre les violences sexuelles et contre la pornographie par le mouvement des lesbiennes séparatistes a produit, outre la remise en question de la naturalité hétérosexuelle et des contraintes à l’hétérosexualité, une diabolisation de la sexualité entre hommes et femmes en général et des désirs masculins en particulier. Dans ce cadre, le lesbianisme a été défini comme la quintessence de l’engagement féministe — culpabilisant ainsi les femmes attirées par les hommes et réduisant l’homosexualité féminine à une posture politique désérotisée.

Ces dissensions ont donné lieu à des prises de position politiques radicalement opposées en matière de sexualité, qui se retrouvent aussi bien parmi les militantes que parmi les thérapeutes féministes. Ce contexte a également généré une nouvelle catégorie de thérapeutes sexuelles, les « sexpertes », issues pour la plupart du mouvement sex positive et du milieu des travailleuses du sexe (à New York et à San Francisco en particulier). Ces expertes sexuelles, qui pour certaines sont qualifiées en tant que thérapeutes, offrent une vision libératrice et positive de la sexualité, dénuée de tout jugement à l’égard de la diversité des désirs. Elles font partie des rares thérapeutes à produire un matériel théorique sur la base de leur propre expérience sexuelle et à parler de ce qu’elles vivent et connaissent plutôt que de la sexualité des autres.

La nouvelle génération de féministes post-modernes (à laquelle il est souvent fait référence sous le terme de « Troisième vague ») à partir du milieu des années 1990 a abordé la dialectique : combat pour l’éga lité vs droit au plaisir sexuel à partir de la notion d’autodétermination et de choix (le choix d’être travailleuse du sexe, d’aimer la soumission sexuelle, d’être ambivalente), mais cette génération de féministes « pro-choix » est confrontée à la position conflictuelle qui consiste à rejeter, d’un côté, un large pan de leurs croyances (infériorité féminine, rôles de genre, représentations stéréotypées des relations amoureuses), tout en devant gérer des désirs sexuels liés à ces croyances (condamner les violences conjugales mais fantasmer sur le fait de recevoir une fessée, rejeter l’assignation genrée des tâches domestiques mais aimer faire le ménage en tenue de soubrette devant son amant(e)).

Ma participation à un groupe de travail sur les scripts sexuels de John Gagnon m’a fait savoir combien nous étions nombreux et nombreuses à être tiraillés entre des engagements féministes d’un côté et des désirs stéréotypés d’autre part. Des femmes et des hommes engagés dans le féminisme m’ont rapporté avoir ressenti, à l’occasion de jeux sexuels incluant des rapports de pouvoir, une ambivalence et un conflit entre leurs idées politiques rationnelles (l’égalité entre les hommes et les femmes, le partage des tâches, la lutte contre les violences sexuelles) et certains de leurs désirs sexuels (être soumise sexuellement lorsqu’on est une femme, soumettre sexuellement une femme lorsqu’on est un homme, jouer sur les insultes sexistes ou homophobes). En somme, la sexualité des femmes reste encore un enjeu théorique et politique important, au coeur duquel la question de l’orgasme est fondamentale.

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Informations

Titre Épanouissement sexuel et psychotérapie
Auteur
Editeur Editions de l'Éveil
Langue FR
Date de publication 12/06/2017

Droits numériques

Ean EPUB 9782374150826
Type de protection Adobe DRM
Ean PDF 9782374150819
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9782374150178
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