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Méridiennes

éditeur : M.E.O.
catégorie : Poésie, Théâtre et Correspondance > Poésie
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Méridiennes. Le tissage de deux voies, Arnaud, les mots et Brahim, les images.

L’amour de certains pays, ici, le Maroc, l’esprit nomade, le coeur pris entre « l’ébriété d’être » et la sensualité commune, la générosité des regards sur des peaux, des usages, des visages et des terres, tout cela donne le ton et le talent d’un poète qui, ici, peut-être encore plus qu’ailleurs, a pris le pli de soigner ses vignettes, aidé par un ami photographe, qui serre de près l’humaine condition.

Chez les deux, un sens de l’ombre, une pudeur extrême pour ne pas choquer l’autre, une intense sensibilité : l’autre sort des mots et des images, grandi, rehaussé, dévoilé dans sa singularité. Femme, enfant, garçon, jeune homme, vieil homme, peu importe. Les mots sont là pour approcher, dire, décrire. Jamais d’effraction, jamais d’indiscrète pulsion : parfois il faut déroger, parfois il faut dire non, parfois il faut convenir d’un rendez-vous au conditionnel du désir. Arnaud comme Brahim le savent : la pudeur a ses lois, le regard évite un visage, coupe une image osée, le reste, même impatient, même effleuré, appartient à l’intime.

Le miracle, ici, c’est que la diction effleure l’intense et préserve la chambre, les draps, les caresses. Le lecteur peut pressentir, user des mêmes mots, alerté des mêmes mouvements, s’arrêter au seuil. L’un et l’autre savent, avec doigté, une infinie tendresse, une précieuse réserve, murmurer le plus osé, signifier l’amour cru sans jamais le nommer avec platitude. Brahim comme Arnaud sont tout sauf des voyeurs. Tout sauf des salaces planqués. Non, ils sont aux « encoignures » de l’ombre. Ils signalent des plaisirs ébauchés. Ils signent tout un travail de lumière et de songe.

Quel beau titre que ces « Méridiennes », vertiges de sensualité, de sommeil ! Le poète de l’azur cru use de blasons pour écrire de manière « lapidaire » l’ombre, les yeux, décrire ses topographies amoureuses, ces « passant(s) d’ombre et d’azur », ces « jeunes (qui) aiment siffler les jolies filles / Les pinsons et leurs potes », quand lui, poète, marcheur « dévisage le ciel ». Dakhla, Casa, Essaouira défilent et fleurent bon et chaud, comme sang au soleil. L’oeil voit tout, draine « les prières », isole « la passe ambrée », coupe « le cordon bleu », repère les « fragments aigus de peau » aux « poitrine(s) imberbe(s) », un nu, le murmure « sifflant » d’Abdelkrim, et à l’écouter, on voit poindre la chair, les silences, on se sent perdu, agréablement, dans l’abandon. « Des garçons sauvages écument les rues… chassent en solitaire… se flairent lorsqu’ils se croisent ».

L’écriture d’Arnaud Delcorte s’est resserrée, a densifié ses marques et l’émotion est gorgée d’une poésie lente, entêtante et tatouée d’un désir qui s’avoue avec une sobriété pudique, très belle, sensible. Les douze photos de Brahim Metiba épousent à merveille cette sensualité d’être au monde. Les deux amis se sont parfaitement compris et la complémentarité de leurs regards éclate, sans une once d’exotisme artificiel.

Braine, 14 février 2014
Philippe Leuckx

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Informations

Titre Méridiennes
Auteurs ,
Editeur M.E.O.
Langue FR
Date de publication 01/06/2015

Droits numériques

Ean EPUB 9782807000353
Type de protection Adobe DRM
Ean PDF 9782807000346
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9782807000315
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