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Littérature et identité créole aux Antilles

éditeur : Karthala
catégorie : Sciences humaines et sociales > Linguistique et Lettres
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Les sociologues et les littéraires (souvent occidentaux) n’ont certes pas manqué qui se sont efforcés de déterminer, non pas un canon, mais les conditions qui présideraient à la formation du canon antillais. Par exemple Jack Corzani, dans un article intitulé « Problèmes méthodologiques d’une “histoire littéraire” des Caraïbes », accumule un nombre impressionnant de critères au nom desquels il serait possible d’établir « le corpus littéraire proprement dit » (Corzani, 1985, 38) : « authenticité », « hétérogénéité », « homogénéité », « définition d’un peuple », « projets d’unification », « textes initiateurs » ou « fondateurs », littérature « marginale » qu’il faudrait « recentrer », etc. Cette liste de directions de recherche n’aboutit jamais à la proposition d’un canon mais souligne qu’aucune autorité centralisante n’a réussi jusqu’à présent à légitimer un canon unique.

D’autre part, certains critiques antillais s’insurgent violemment contre la tendance à réifier les Antilles en les transformant en sujet d’étude : Dany Bebel-Gisler commence son livre La langue créole, force jugulée par le procès de toutes les formes de discours qui ont les Antilles pour sujet. Elle dénonce la carence en matière de recherche (la recherche française est particulièrement visée) mais au moment où il semble évident qu’elle préconise le développement d’une telle recherche, elle se met à critiquer violemment celle qui existe déjà (notamment celle de l’école canadienne). Les vingt premières pages du livre donnent l’impression désespérante que tout discours et tout silence risquent d’osciller (comme celui de Jean Benoist, particulièrement visé) « entre le voyeurisme et la pédagogie » et de « rendre un culte castrateur à ce peuple antillais constitué en objet de science » (Bebel-Gisler, 20).

Et face à ce refus de se voir approprié par le discours dominant, il ne reste souvent que le recours à une autodescription négative et réactive. Le mouvement de la négritude revendiquait une non-francité, puis leurs détracteurs (y compris Glissant) ont revendiqué une non-africanité, et en 1989, l’Éloge de la créolité commence par la « définition » suivante : « Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons créoles » (Bernabé, 1989, 13).

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Informations

Titre Littérature et identité créole aux Antilles
Auteur
Editeur Karthala
Langue FR
Date de publication 01/01/1992

Droits numériques

Ean EPUB 9782811120979
Type de protection Digital watermarking
Ean papier 9782865373895
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