chargement

Les bretons dans la Grande Guerre : Des demoiselles au feu - Tome 5

éditeur : Coop Breizh
catégorie : Histoire > Histoire de France
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

EPUB

Adobe DRM
10,99 €
Lecture multi-support

Résumé

Extrait

La brigade des fusiliers marins doit sa naissance à une banale question de police. En ce début d’août 1914, Paris vit dans une grande fièvre. La mobilisation générale du 2 août a drainé la masse des appelés vers les casernes qui font le plein d’hommes enlevés à leurs foyers. À la gare de l’Est, l’euphorie est telle que Charles Péguy ne craint pas d’écrire : « Celui qui n’a pas vu Paris aujourd’hui et hier n’a rien vu ! »

Parallèlement, une vague d’« espionnite » secoue la capitale. « La foule va parfois jusqu’à la frénésie : elle saccage les dépôts des machines à coudre Singer et ceux des laiteries Maggi, qui d’ailleurs ne sont pas allemandes1. »

Les autorités municipales craignent la contagion. La tombe de Jaurès (assassiné le 31 juillet) est encore toute fraîche, les militants socialistes ne chercheront-ils pas à venger leur leader emblématique ? La « tourbe des faubourgs » ne va-t-elle pas profiter du trouble ambiant pour tenter de se rendre maîtresse du pavé ?

« La situation serait vite devenue inquiétante si le gouverneur militaire de Paris, M. le général Michel, n’avait pris, dès le 3 août, les dispositions les plus sévères. Il avait sous ses ordres les gardiens de la paix, la garde républicaine et quelques escadrons de cavalerie, en attendant l’arrivée des bataillons de marins et des régiments territoriaux qui lui étaient promis. Il mit sur pied toutes ces forces et fit occuper Paris que sillonnèrent d’imposantes patrouilles2. »

De leur côté, les édiles parisiens présentent une demande où ils expriment leur désir de voir le gouvernement mettre sur pied une garde municipale armée. Certains mauvais souvenirs, celui de la Commune entre autres, dissuadent le gouvernement de remettre des armes à des civils. Il préfère, et de loin, confier cette tâche de police à des militaires.

S’il est hors de question de distraire des troupes déjà équipées pour entrer en campagne, la solution pourrait venir de la Marine. Celle-ci ne sait que faire de toutes ces recrues qui encombrent les dépôts des équipages de la flotte, réservistes de tout poil, engagés volontaires, recrues du contingent, inscrits maritimes dont 8 000 d’entre eux pratiquent la pêche à la morue à Terre-Neuve et dans les parages d’Islande. Le ministre de la Marine ne va d’ailleurs pas tarder à décréter l’affectation d’office à l’armée de terre pour les inscrits maritimes âgés de plus de 32 ans, qui ne naviguent pas ou ne figurent pas depuis un mois sur un rôle de pêche. Vingt-cinq mille marins seront ainsi versés dans la « biffe ».

Constitution de la brigade des fusiliers marins

C’est donc dans ce vivier que va puiser le gouvernement pour renforcer la police parisienne. Deux premières dépêches ministérielles des 7 et 9 août prescrivent la constitution d’un régiment de marins destiné à la capitale. Le dépôt de Cherbourg est invité à fournir trois compagnies, celui de Brest quatre, celui de Lorient également quatre et celui de Rochefort une. À Lorient, la plupart des élèves de l’école des apprentis mécaniciens (l’établissement est fermé à la mobilisation) se portent volontaires : une quinzaine d’entre eux ont à peine 16 ans ; 150 autres, les « anciens », n’ont que 18 ans. Quant au bataillon de l’École des fusiliers marins, il a été dissous le 1er août, les instructeurs et les élèves ont été répartis sur les bâtiments et dans les services. Ils se retrouvent très vite au sein du 1er régiment de la brigade dont ils fournissent environ un quart de l’effectif.

Quelques jours plus tard, le 16 août, une nouvelle décision ministérielle ordonne l’envoi à Paris de huit nouvelles compagnies afin de former un second régiment de marins. Cherbourg fournit une compagnie, Brest quatre et Lorient trois. Reste à trouver quatre autres compagnies. Rochefort y pourvoira sur dépêche ministérielle du 25 août.

Le contre-amiral Pierre Ronarc’h, à pied d’œuvre à Paris dès le début comme nous allons l’indiquer, nomme le capitaine de vaisseau Delage comme commandant du 1er régiment, et le capitaine de vaisseau Varney à la tête du second.

La brigade des fusiliers marins est officiellement constituée le 22 août et Ronarc’h en prend tout naturellement le commandement. Un officier de l’armée de terre, le colonel Louis lui est adjoint, le 28 août, en qualité de chef d’état-major.

Sous la pression des événements (l’aile marchante allemande se rapproche de Paris), le général Gallieni, nouveau chef du camp retranché de Paris depuis le 26 août, fait adopter par Millerand, ministre de la Guerre, l’affectation aux forces du camp retranché pour la brigade de Ronarc’h, dont les deux régiments deviennent des régiments de marche. De « policiers », voilà nos matelots reconnus comme soldats à part entière.

Lire la suite...

Commentaires des lecteurs

9782843467776
- / 5
  5
  4
  3
  2
  1

Informations

Titre Les bretons dans la Grande Guerre : Des demoiselles au feu - Tome 5
Auteur
Editeur Coop Breizh
Langue FR
Date de publication 01/09/2004

Droits numériques

Ean EPUB 9782843467776
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9782843462142
Haut