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Comprendre l'essence du Budo

éditeur : Budo Editions
catégorie : Sciences humaines et sociales
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Avant-propos

Nous avons tous entendu parler des disciplines martiales telles que le karate-do, le judo ou l’aikido.

On est enclin à penser qu’il est inutile de définir ce que sont ces disciplines qui sont entrées, en quelque sorte, dans l’ordinaire du monde contemporain. Mais lorsqu’on leur attribue les étiquettes de « sport de combat » ou encore de « sport de défense » n’est-on pas en droit de se demander si cette qualification est en adéquation avec l’essence de ces disciplines. N’est-il pas plus juste de garder leur appellation originelle, arts martiaux ? Et ne sommes-nous pas encore plus proches de la vérité en employant la lumineuse expression de John Stevens « arts de la paix » ? Nous voyons que derrière ces glissements sémantiques, les nuances ne sont pas anodines.

Il n’est pas facile dans un monde où la vitesse de la vie rend très difficile l’approfondissement des choses, de comprendre la fonction ultime des disciplines traditionnelles telles que celles que nous avons en vue. Aujourd’hui, alors que fleurissent des activités corporelles liées au combat dans son expression la plus brutale ou dans le simple but de l’esthétique, activités dont les appellations et la catégorisation laissent croire qu’il y aurait une équivalence avec les arts traditionnels, il nous a semblé opportun d’essayer d’expliquer ce qu’est l’essence du budo.

Mais avant d’entamer ce livre, des précisions préliminaires s’imposent pour que l’on comprenne mieux comment il a été conçu et la raison de sa teneur. Cette introduction est la seule parenthèse où je me permettrais de faire références à ma propre vie. Ce « je » ne se retrouvera plus par la suite, parce que je tenterai de m’effacer autant que je le pourrais devant la pensée traditionnelle en retranscrivant le plus fidèlement possible la parole des sages de toutes époques confondues, de tous lieux et de tous peuples traditionnels. Il m’a paru cependant intéressant de dévoiler quels ont été les linéaments de mon parcours qui m’ont mené d’un état de totale ignorance de ce que recouvre l’esprit traditionnel jusqu’à la stupéfiante découverte de sa force, de sa beauté, de son universalité et de sa finalité. Ce n’est nullement pour prétendre qu’en cette évocation personnelle il y ait une quelconque exemplarité, bien évidemment non, parce qu’il ne m’a fallu aucune bravoure ni aucun courage particuliers pour ouvrir mes oreilles et mes yeux aux paroles et aux signes que des hommes traditionnels ont préservés à travers tous les supports de transmission qu’ils ont savamment su utiliser.

Tout a commencé par une série d’évènements qui m’ont conduit à pousser la porte d’un dojo. Non, tout a commencé par mon entrée en ce monde, en tant qu’être aquatique puis en tant qu’être aérien. Il me faut faire cette rectification, parce qu’avec le recul des années je perçois que derrière l’influence de la saison et du lieu où s’est produite mon « entrée », derrière le façonnage éducatif de mes parents, derrière les polarisations psychiques subtiles héritées de mes ascendants et la confrontation avec ma fratrie, se tient une qualité intrinsèque primordiale qui donne un mouvement particulier profond à chaque être et c’est cette impulsion qui, à travers la trame de la vie, a composé une musique inédite dessinant les méandres plus ou moins heureux de mon existence jusqu’à ce qu’un évènement remarquable m’oriente précisément vers la porte d’un dojo et celle de la Voie de l’aïkido. C’était lors d’un job d’été alors que j’étais jeune étudiant. Je travaillais de nuit dans une usine d’un marchand de glace, et c’est à cette occasion que j’ai croisé un personnage tout à fait détestable. Je ne vais pas rentrer dans les détails, cela n’ajouterait rien aux propos, il y a juste à dire qu’il existe des êtres habités par la violence. Soit qu’ils la déversent sur le monde, soit qu’ils la provoquent, soit qu’ils l’attirent. Cet individu côtoyé lors de ce travail saisonnier était de la première catégorie. Une sorte de fou furieux, que l’alcool rendait encore plus mauvais – étant donné l’absence de la hiérarchie lors des postes de nuit, l’alcool coulait abondamment lors de la pause – et qui était prêt à en découdre pour presque rien. Je n’ai pas été la cible directe de ce personnage, c’est un collègue qui a dû subir les humiliations et les brimades. Il ne s’en est tenu qu’au chef d’équipe que la situation ne dégénère. Mais, j’ai senti combien j’étais démuni face à une telle personne habitée par une sorte de démence paranoïaque. Je me suis dit qu’il était inacceptable que je reste dans cet état de faiblesse. J’ai tout de suite pensé aux arts martiaux. À ce moment de mes réflexions je pensais plus particulièrement au karaté ou au judo, mais des jalons invisibles avaient été posés pour que je me dirige vers l’aïkido. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, le jour où tout a véritablement basculé était situé peu de temps après la rentrée universitaire. Lors d’une discussion avec mon jeune frère, sans que je ne lui évoque quoi que ce soit de mes pérégrinations estivales, il m’apprend qu’il fait de l’aïkido. Aussitôt, un souvenir ressurgit dans mon esprit, une petite séquence aperçue fortuitement à la télévision longtemps auparavant, où l’on voyait un maître japonais faire une démonstration d’aïkido. Les images sont encore très claires, je le revois encerclé par de nombreux attaquants qui foncent simultanément sur lui. Le maître disparaît sous les assaillants. Le temps semble suspendu et soudain ils sont tous rejetés en arrière et le maître réapparaît. En y repensant, je me dis que ce qui m’a marqué dans cette scène est beaucoup moins l’exploit physique que la métaphore qu’il est possible d’y lire, à savoir l’image d’une corolle qui se referme puis se réouvre soudainement avec puissance. Ce souvenir saisissant faisant écho aux paroles de mon frère et à quelques lieux communs attestant de l’esprit de paix et de neutralité de la discipline et parlant de l’utilisation de la force de l’adversaire pour le neutraliser, m’a propulsé dans l’aïkido, car peu de temps après je m’inscrivais dans un club. Certes je me mettais à la pratique d’un art martial pour apprendre à me défendre physiquement, mais c’est devenu rapidement complètement secondaire car le monde dans lequel je venais d’entrer ouvrait sur des perspectives d’enrichissement existentiel considérables, jetant dans l’oubli mon but initial. Je fus animé d’une très grande soif de pratique, mais maintenant que je peux regarder avec acuité mes motivations profondes, je sais que cette soif était alimentée par le désir de me rapprocher de la lumière des maîtres, espérant au plus profond de moi posséder un minimum de qualités pour que le chemin que j’allais entreprendre soit bien un rapprochement et non un éloignement. Cependant, à cette époque je ne me préoccupais nullement de l’esprit traditionnel. D’ailleurs je ne savais pas que l’on pouvait associer l’étiquette « traditionnelle » à l’esprit d’un peuple, ni même qu’un peuple pouvait être attaché à une sorte d’intellection particularisée qui conférait à tous les mouvements le caractérisant des couleurs, des sonorités, des signes, un verbe, une manière d’être unifiés. La notion de doctrine métaphysique de l’unité m’était absolument inconnue, tout comme la distinction qu’il est possible d’établir pour celle-ci entre ésotérisme et exotérisme, et je pensais comme la plupart de mes contemporains que tout cela était de l’ordre de la religion et de la croyance. C’était beaucoup plus simple de s’arrêter à ces considérations-là.

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Informations

Titre Comprendre l'essence du Budo
Auteur
Editeur Budo Editions
Langue FR
Date de publication 04/07/2016

Droits numériques

Ean EPUB 9782846176583
Type de protection Adobe DRM
Ean PDF 9782846175203
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9782846172882
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