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L'écrivain et le dictateur

éditeur : Imago
catégories : Sciences humaines et sociales > Linguistique et Lettres, Sciences humaines et sociales > Sciences Politiques
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Résumé

Tout au long de son interrogatoire et de son procès, roubachof souffre d’une rage de dents. souffrance psychosomatique, certes, les crises s’accentuant aux moments où le protagoniste est assailli par le sentiment de culpabilité concernant son rôle révolu d’épurateur fidèle aux mots d’ordre du parti. Mais il y a aussi une cause physiologique que le dentiste de la prison désigne : la canine de droite étant cassée, la racine est restée dans la mâchoire (Zi, p. 99). attardons-nous un moment à cette image de la cassure entre la racine et la dent. Car le mot racine surgit aussi, on l’a déjà vu, dans le troisième interrogatoire, dans lequel on nous expose la méthode mise en oeuvre par Gletkin : après avoir établi la « racine de l’accusation » (Zi, p. 267), il appartient à l’inculpé et au juge de combler les lacunes, c’est-à-dire d’élaborer le récit, fût-il éventuellement fantaisiste, des crimes concrets que l’accusé aurait commis, et cela en fonction de « règles de traduction 16 » qui transforment des faits infimes en récits extrêmes. en d’autres termes, l’accusation est fondée sur une rupture (qu’elle cherche à gommer, bien entendu) entre un fond vraisemblable — les pensées oppositionnelles que roubachof a réellement eues — et un développement imaginaire. On se souviendra que Boukharine a basé sa plaidoirie sur le constat d’une démarcation comparable, acceptant la culpabilité dans l’ensemble, mais la refusant dans le détail.

Dent cassée, rupture que révèle l’acte d’accusation entre une origine authentique et un développement fictif, ce motif insistant permet-il de qualifier également l’évolution de l’union soviétique ? La pureté des origines idéologiques souillée par le machiavélisme stalinien, est-ce là la lecture que nous propose Koestler de l’histoire de la patrie du socialisme ? nous serions loin, dans cette hypothèse, du « conservatisme pessimiste » qu’Orwell avait cru pouvoir attribuer à son ami arthur Koestler. Dénonciation du régime en place dans les années 30 et célébration, en même temps, de l’inspiration généreuse de la révolution bolchevique : « Des prémisses d’une vérité incontestable avaient abouti à un résultat complètement absurde » (Zi, p. 309). prémisses qui pourraient présider à un « nouveau mouvement » fondé sur le principe que « seule la pureté des moyens peut justifier les fins » (Zi, p. 311). Voilà qui permet peut-être de comprendre pourquoi le roman a pu avoir un double impact : suscitant la colère des intellectuels staliniens de l’époque, Le Zéro et l’infini désigne en même temps la promesse humaniste que contient, malgré tout, le communisme.

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Titre L'écrivain et le dictateur
Auteur
Editeur Imago
Langue FR
Date de publication 01/01/2011

Droits numériques

Ean EPUB 9782849524589
Type de protection Adobe DRM
Ean PDF 9782849521502
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9782849520598
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