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Adore

éditeur : Dominique Leroy
catégories : Littérature érotique > Romans, Littérature érotique
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

La première chose qui le réveilla, ce fut le mal de
tête. Violent, lancinant. Il avait l'impression que des
mains épaisses tentaient de lui briser la boîte
crânienne, comme ces enfants qui s'amusent à éclater
à coups de pierre les bogues des marrons. La douleur
pulsait, obsédante, elle courait sur ses tempes,
descendait le long de sa nuque, il avait totalement
conscience de cette douleur. Il n'arrivait pas à ouvrir
les yeux, car il sentait derrière ses paupières closes
une source de lumière dans la pièce. Instinctivement il
savait qu'elle allait accentuer la douleur.

C'est quelque chose que l'on sait, quand on a déjà
subi la violence des maux de tête, la luminosité et le
bruit peuvent en accélérer la brûlure dévastatrice,
cette brûlure qui peut immobiliser une personne au
calme et dans la pénombre des heures entières. A
attendre la délivrance, comme le condamné implore en
silence qu'on l'achève. Pour endiguer définitivement la
peur tentaculaire qui se déploie et se colle à ses parois
internes en un réseau serré de ventouses gluantes.
Pourtant, il n'était pas tout à fait sûr d'être éveillé.

Il essayait de porter ses mains au visage – il avait
voulu se recroqueviller en position foetale et caler ses
poings sous son menton en un geste de protection
dérisoire – mais ses membres demeuraient inertes.
C'était la même sensation que lors des siestes
languissantes qu'il faisait souvent l'été, quand la
chaleur était trop écrasante : il rêvait qu'il se réveillait,
mais il était incapable de bouger un seul muscle, alors
il luttait et sortir du sommeil était plus épuisant
qu'être réveillé en sursaut.

Il prenait peu à peu conscience que son dos lui
faisait mal tant il était raide. Il sentait que la position
dans laquelle il se trouvait pour dormir était tout sauf
normale. Combien de temps cela lui prit-il avant
d'ouvrir les yeux ? Il eut l'impression de faire des
efforts comparables à ceux du marathonien qui
entame sa dernière portion de course sous un soleil
incandescent et blanc comme la mort. Que les minutes
s'étiraient et se dédoublaient juste exprès pour lui
rendre la tâche plus difficile.

Ses rétines le firent souffrir un peu quand enfin il
ouvrit les paupières. Il reconnut peu à peu son salon,
les rayonnages de sa bibliothèque, au mur l’affiche du
film Singapore sling et cette reproduction de
Summertime d'Edward Hopper. Il était chez lui, il
aurait dû être rassuré.

C'est en baissant la tête qu'il sentit une sueur froide
perler le long de sa colonne vertébrale. Il était assis
sur ce fauteuil imposant, aux armatures de bois et
tressage en osier, qu'il aimait désigner à ses visiteurs,
quand lui s'installait plutôt sur un fauteuil de cuir noir
dans lequel il s'enfonçait avec majesté. Il connaissait
ce fauteuil en osier par coeur, il avait si souvent
observé la façon dont les gens avaient du mal à s'y
asseoir correctement. Surtout les femmes. Elles ne
cessaient de croiser, décroiser les jambes ou les
chevilles, cherchant une position confortable.

Pareillement, leurs mains avaient du mal à rester en
place sur les accoudoirs pourtant très longs mais dont
la largeur ne laissait pas beaucoup de place pour
installer ses bras comme il faut. Ce fauteuil était son
rite de passage quand il invitait quelqu'un chez lui.

C'est seulement quand il connaissait mieux la
personne qu'il lui permettait de prendre place dans un
des autres fauteuils plus confortables du salon. Il vit
que ses bras, des poignets jusqu’aux coudes, étaient
solidement attachés aux accoudoirs avec du chatterton
noir. Et par-dessus le chatterton, des cordelettes
nouées avec précision comme pour dissuader la
moindre tentative de mouvement.

Il ne pouvait pas vraiment voir ses jambes, mais il
se douta qu'elles subissaient le même sort : il lui était
impossible de décoller les pieds du fauteuil. Elles
devaient être garrottées des chevilles jusqu'en haut
des mollets. C'est à ce moment-là qu’il commença à
paniquer. Qu’il voulut ouvrir la bouche ne serait-ce
que pour dire « Mais qu'est-ce qui se passe ? ». Mais
sa bouche restait hermétiquement close car le
chatterton n'avait pas servi qu'à l'immobiliser, il l'avait
aussi privé de parole.

C'est seulement quand il eut pris conscience de tout
cela – les douleurs, son corps prisonnier, ses lèvres
fermées de force, la pellicule de transpiration glacée
dans son dos, sa présence paradoxalement rassurante
dans son salon – qu'il braqua son regard vers
l'encadrement de la porte qui faisait la jonction entre
le salon et le couloir menant à la porte d'entrée qu'il
reconnut enfin la jeune femme vêtue de noir qui
fumait lentement une cigarette appuyée contre
l'encoignure, et le regardait.

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Informations

Titre Adore
Auteur
Editeur Dominique Leroy
Langue FR
Date de publication 29/10/2013

Droits numériques

Ean EPUB 9782866888152
Type de protection Aucune
Ean PDF 9782866888145
Type de protection Aucune
Ean papier 9782866888145
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