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Le calvaire d'un amant

éditeur : Alixe
catégorie : Littérature érotique > Romans
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Préface

Léopold von Sacher-Masoch, auteur de La Vénus à la Fourrure, ne désirait pas que son nom devienne la racine d’une « aberration sexuelle » lui imposant une notoriété plus que douteuse. C’est le docteur Richard von Krafft-Ebing qui baptisa les perversions « sadisme » et « masochisme » dans sa célèbre Psychopathia Sexualis parue en 1869 à partir des patronymes d’écrivains décriés. Décédé depuis plusieurs décennies, Sade ne put se plaindre. Les deux mots pénétrèrent ensemble le langage courant et ce malgré les légitimes arguments de Sacher-Masoch, se défendant en démontrant que le « masochisme » existait bien avant lui et que cette pratique, aussi vieille que le désir, était déjà désignée sous le nom d’algolagnie (du grec : « algos » douleur et « lagnos » lascive). Sigmund Freud se penche régulièrement sur cette question. Il souligne que l’amalgame sado-masochiste est une réalité : « On constate souvent que le masochisme n’est pas autre chose qu’une continuation du sadisme, lequel prend ainsi dire la place de son objet sexuel » et il justifie ailleurs : « C’est toujours le sentiment de culpabilité qui transforme le sadisme en masochisme. » Comme la plupart des pratiquants, Léopold von Sacher- Masoch ne se sent ni coupable, ni sadique. Toute sa vie, il cherche simplement à reproduire une scène traumatisante de son enfance. Réfugié derrière le porte-habit d’une chambre cossue pendant une partie de cache-cache, le jeune garçon, alors âgé de dix ans, voit sa tante, la comtesse Zénobia, vêtue de fourrures voluptueuses, cravacher son mari alors que celui-ci vient de la découvrir avec un amant. Scène certes peu commune. Pour corser le tout, le porte-habit tombe, et la tante retourne contre l’enfant angoissé l’instrument de douleur, qui devient progressivement pour la victime, un instrument de jouissance. D’autant que l’oncle qui a quitté la chambre réapparaît soumis et, tout en s’excusant, subit la suite de sa correction. Le jeune Léopold n’oubliera jamais cette tante, indissociable de ses fourrures et de son fouet, et recherchera dans toutes les femmes la « créature qui, par sa force et sa beauté brutales, paraissait créée pour mettre insolemment son pied sur la nuque de l’humanité. »

Publié en français par Charles Carrington, éditeur d’origine portugaise installé à Londres puis à Paris, La Vénus à la Fourrure devient un best-seller qui justifie l’intérêt de la branche occulte des métiers du livre. Une importante littérature consacrée à la domination féminine est proposée aux amateurs – désignés alors sous le terme « hommes à passion » – par un ensemble de protagonistes qui, désireux de profiter de ce nouvel engouement, finissent par constituer une véritable lignée d’éditeurs. Après Auguste Poulet-Malassis, qui publia Les Fleurs du Mal de Baudelaire, Jules Gay qui collabora parfois avec Poulet-Malassis, son fils Jean Gay, qui lui collabora avec la sulfureuse Henriette Doucé, Henri Kistemaeckers, Augustin Brancart, Charles Carrington est le dernier de ces éditeurs de « curiosa » à perpétuer la tradition de la clandestinité et de l’exil. Vers 1908, il quitte Paris pour s’installer à Bruxelles. Jusqu’en 1911, Bouillant à Saint-Denis imprime ses éditions. Bouillant travaille aussi pour Legrand, un autre éditeur d’érotiques, situé rue du Temple. Ainsi que pour Mme Roberts et Dardaillon, installés 9, rue du Faubourg-Montmartre, à deux numéros de Carrington qui exerce au 13 depuis 1899. Les liens des uns et des autres restent difficiles à définir. Ensuite, Dardaillon reprend l’imprimerie de Bouillant. En 1918, Mme Roberts disparaît du Faubourg-Montmartre.

Dardaillon nomme sa société d’édition « Édition Parisienne ». P. Brenet, lui, est installé 66, boulevard Magenta et publie, sous son nom ou sous l’enseigne « Librairie Artistique », moult ouvrages consacrés à l’astrologie, la voyance, le surnaturel et... à la flagellation. À son retour de Belgique, en 1912, Carrington s’installe au 11, rue de Chateaudun, qui deviendra plus tard le siège de la « Librairie Franco-Anglaise », une autre maison d’édition consacrée à la flagellation, comme son nom veut le faire soupçonner. La rue de Chateaudun est à cent mètres du faubourg Montmartre. La même année, – quelles sont les causes, quels sont les effets ? – Dardaillon quitte ce quartier et rejoint Brenet boulevard Magenta pour former « La Librairie Artistique et les éditions Parisiennes Réunies ». Leur catalogue ainsi regroupé comprendra plus de cent-vingt titres. Tout cela pour démontrer qu’en littérature érotique, comme dans la plupart des autres domaines, il n’existe pas de générations spontanées. Malgré une abondante production d’ouvrages consacrés à la domination masculine, le rayon de la domination féminine n’est pas négligé pour autant.

S’il est possible de suivre le parcours des éditeurs du Calvaire d’un amant, aucune information n’est connue sur son auteur. Il ne s’agit probablement pas d’un pseudonyme. Tissandier est un patronyme du Cantal, région visitée par Philippe, notre héros, qui utilise même parfois quelques expressions de patois. En parcourant le texte, on découvre qu’il connaît bien Paris, ses distractions et Montmartre en particulier. Il semble fréquenter l’univers des chansonniers de la Butte et être lié avec certains, Maurice Hallé, Gaston Bertier, Pierre Garnier, Roger Tozini, qu’il cite en clin d’oeil. Nous pouvons donc avancer qu’Alphonse Tissandier est un auteur auvergnat montmartrois et qu’il est amateur d’étranges plaisirs. Sous une plume agréable et complice, son propos n’est jamais critique ni sarcastique vis-à-vis de ses héros qui évoluent dans l’amour et la complicité.

Avec Le Calvaire d’un amant, la « couleur » est annoncée dès la première ligne : « Dame seule demande élève très soumis pour leçons d’anglais. Écrire… ». À la lecture de cette proposition alléchante, Philippe, « sceptique désabusé, amateur de sensations étranges et anormales » mais frustrées depuis douze ans, ne réfléchit pas longtemps et répond à l’annonce. L’atmosphère lascive du Paris des Années folles se prête au désir affiché de notre héros. Il ne regrettera pas cette rencontre avec Rose Delcamp, jeune maîtresse initiée aux plaisirs de la domination par un généreux amant, qui deviendra progressivement une redoutable « dompteuse d’hommes ».

« Avec ferveur, pendant une demi-heure, la langue masculine procéda minutieusement à la toilette de ces bijoux de chair qui exerçaient une si formidable emprise sur les sens de l’homme, puis, quand ils les eut complètement lavés d’une langue experte et attentionnée, il se coucha tout nu sur la descente de lit pour que Rose pût essuyer ses pieds sur le visage et la poitrine de son amant. »…

Alexandre Dupouy

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Informations

Titre Le calvaire d'un amant
Auteur
Editeur Alixe
Langue FR
Date de publication 01/08/2012

Droits numériques

Ean PDF 9782911902581
Type de protection Digital watermarking
Ean papier 9782911902260
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