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La carte impossible - Extrait gratuit

éditeur : La Lampe de Chevet
catégorie : Policier et Thriller
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Prologue historique

El Kaher.

Le Caire.

Année 932 de l’Hégire (ère musulmane)

Année 1554 (ère chrétienne)

Dès l’aube, le prisonnier avait été réveillé par la voix des muezzins lançant leurs appels à la prière du matin. Les chants à la gloire d’Allah se répercutaient dans l’air déjà chaud. En bon musulman, l’homme s’était levé et avait prié dans la direction qu’il estimait être celle de la Mecque. Ensuite, il s’était assis sur sa misérable paillasse et avait attendu.

Un peu plus tard, des pas résonnèrent dans le couloir. La porte s’ouvrit et un individu vêtu à la mode arabe entra. Il était petit, brun et assez corpulent, ce qui contrastait avec le prisonnier, grand, sec et aux yeux bleus. Le visiteur s’inclina et lança respectueusement :

– Que la paix soit sur toi, Effendi.

« Effendi » était un titre ottoman et non arabe. Le prisonnier fut étonné de l’entendre employer par son interlocuteur, qui visiblement n’était pas turc. Son langage était parfait avec juste une légère pointe d’accent syrien. Elle indiquait qu’il ne venait pas du golfe arabo-persique, mais qu’il était Levantin, comme les désignaient les Chrétiens d’Occident.

– Que la paix soit sur toi aussi.

Le nouveau venu secoua la tête et répondit :

– Bien, mon temps est compté. Tu sais pourquoi je suis ici. Tes états de service pour la Sublime Porte{1} sont impressionnants. Rarement, un chrétien converti aura autant œuvré pour la propagation de l’Islam. Cependant, tu as commis une erreur. Car tu es instruit du motif de ton incarcération, on te l’a précisé.

Le prisonnier renvoya tranquillement :

– Oui, je connais le motif ou plutôt le prétexte. J’ai levé le siège d’Ormuz et cette décision n’a pas plu. On m’a traîné dans la boue. J’aurais touché une forte somme des habitants d’Ormuz, ce qui est faux et je l’ai prouvé. – Je sais, je sais. Sache seulement que je suis ici pour t’aider. N’oublie pas que ce matin, tu vas être décapité. Si tu te montres coopératif, tu gardes ta tête.

– Je sais parfaitement que je peux sauver ma vie si je révèle ce que certains ont appelé mon « secret ». Je t’assure qu’il n’y a pas de secret. J’ai toujours été honnête envers mon maître. Je n’ai rien à cacher, il faudra s’en contenter.

– Arrête ! Je suis au courant qu’il y a un secret. Une partie de ton matériel a été saisi. Nos meilleurs géographes étudient en ce moment tes portulans{2}. Ils s’y cassent le nez. Tu as codé tes informations. Allons parle, c’est la seule manière de remonter la pente.

Le prisonnier sourit ironiquement et lança :

– Ainsi, vous en êtes déjà là. Vous n’avez pas perdu de temps. Je répète qu’il n’y a pas de secret. Ces cartes ne vous apprendront rien que vous ne sachiez déjà. Quant aux cartes que tu qualifies de codées, c’est normal. Le secret des routes maritimes nouvelles ne doit pas être livré. En cas de capture du navire, les ennemis ne doivent pas pouvoir lire les portulans sauf avec une grille spéciale, difficilement accessible. Toutes les marines procèdent de manière identique.

Le visiteur eut un geste d’énervement.

– Tu t’obstines, hein ? Au diable tes considérations tactiques ! Tu feras moins le malin lorsque le bourreau tout à l’heure te tranchera la tête. Je te répète que je suis ici pour t’aider. Je t’offre une dernière chance. Parle et tu retrouves ton poste de gouverneur d’Egypte avec les honneurs qui lui sont dus !

Le haut fonctionnaire déchu réfléchissait. Il avait peut-être le moyen de sortir de ce mauvais pas, sans être sûr de son interlocuteur. Il ne savait pas s’il était envoyé par le Sultan ou s’il essayait d’avoir des informations pour son propre compte. Le prisonnier avait toute dévotion pour le gouvernement de la Sublime Porte, et ne voulait pas s’engager dans une négociation dans laquelle il serait grugé. La manœuvre devrait donc s’effectuer avec prudence.

– Qui me prouve que tu viens de la part du Sultan ?

– Rien en effet. Tu dois t’en remettre à moi, tu n’as pas le choix.

– Je veux des garanties.

Le visiteur éclata de rire.

– Tu n’es certainement pas en position d’exiger quoi que ce soit. De toute manière, si tu es honnête, la révélation de ton secret te protégera. Le Sultan est un prince de parole. Tu le connais puisque tu as été à son service. – J’ai confiance en lui. Mais toi, c’est différent. Tu ne me feras pas grief d’être méfiant envers le premier venu, n’est-ce pas ?

– Tu as raison de te méfier. Cela dit, n’oublie pas que ta tête va rouler dans la poussière dans une heure. Personnellement, si ma mission échoue, je ne serai pas puni, par contre, tu seras mort !

Malgré tous ses efforts, le prisonnier n’arrivait pas à se convaincre de la sincérité de son vis-à-vis. Son « secret » n’était pas monnayable. Il était fatigué de devoir jouer au chat et à la souris avec cet homme qu’il connaissait à peine. Depuis sa capture, il avait été soumis à d’innombrables pressions pour lui faire avouer un « secret » imaginaire.

– Alors ? demanda ce dernier.

Son interlocuteur, les yeux dans le vague, ne répondit pas.

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Informations

Titre La carte impossible - Extrait gratuit
Auteur
Editeur La Lampe de Chevet
Langue FR
Date de publication 01/05/2010

Droits numériques

Ean EPUB 9782918951384
Type de protection Adobe DRM
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