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Le Bal du comte d'Orgel

éditeur : NumiLog
catégorie : Romans et nouvelles
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Il
parla. Il parla simplement. Cette simplicité choqua d'abord le comte d'Orgel,
comme une exclusion. Il n'avait jamais pensé que quelqu'un pût dire :
« J'aime le feu. » La figure de Mme d'Orgel, par contre, se mit à
vivre. Elle était assise sur la banquette de cuir qui surmontait le garde-feu.
Les paroles de François la rafraîchirent comme un envoi de fleurs sauvages.
Elle ouvrit les narines, respira profondément. Elle desserra les lèvres. Tous
deux parlèrent de la campagne.

François,
pour jouir davantage du feu, avait approché son fauteuil, posé sa tasse de café
sur la banquette où était assise Mme d'Orgel. Anne, accroupi par terre, face
à cette haute cheminée, comme devant une scène d'Opéra, se taisait aussi
docilement que s'il n'eût jamais fait autre chose.

Que
se passait-il ? Pour la première fois de sa vie, Anne d'Orgel était
spectateur. Il goûtait leur dialogue, non pas pour ce qu'il exprimait, mais
plutôt pour sa musique. Car la campagne restait lettre morte pour le comte.

Il
fallait à la nature une protection royale pour qu'il lui trouvât du charme. Il
ressemblait à ses ancêtres pour qui, hors Versailles et deux ou trois lieux de
ce genre, la nature est une forêt vierge, où un homme bien « ne se
hasarde pas ».

En
outre, pour la première fois, Anne d'Orgel voyait sa femme hors de son soleil,
de ses préoccupations. Il lui en trouva plus de saveur, comme si elle eût été
la femme d'un autre.

–
Quel dommage, Anne, que vous n'ayez pas les mêmes goûts que moi, dit Mme d'Orgel,
animée par ce dialogue.

Aussitôt
elle se calma et sa phrase lui apparut comme dite à la légère, une bévue
sans signification. Or ces mots, qu'elle n'avait jamais prononcés, ni même
pensés, étaient pourtant significatifs. La différence entre Anne et Mahaut était
profonde. C'était celle qui au cours des siècles opposa les Grimoard aux Orgel
comme le jour à la nuit – cet antagonisme de la noblesse de cour et de la
noblesse féodale. La chance avait toujours souri aux Orgel. Ainsi, quoique de
petite noblesse, ils étaient parvenus, sans qu'ils y aidassent, à bénéficier
de leur homonymie avec les Orgel dès longtemps éteints, dont le nom se
retrouve souvent dans Villehardouin à côté de celui de Montmorency. Ils réalisaient
le type parfait du courtisan. Leur nom était en première place.

On
pouvait donc être fort surpris des extraordinaires mensonges du comte d'Orgel,
destinés à souligner sa gloire certaine. Mais pour lui mensonge n'était pas
mensonge; il ne s'agissait que de frapper l'imagination. Mentir c'était parler
en images, grossir certaines finesses aux yeux des gens qu'il jugeait moins fins
que lui, moins aptes aux nuances. Un Paul s'étonne de ces impostures naïves.
Le comte d'Orgel ne négligeait même point le mélodrame. La cave de son hôtel
lui semblait un décor particulièrement propice, comme si dans ses ténèbres
on pût moins bien distinguer le faux...

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Informations

Titre Le Bal du comte d'Orgel
Auteur
Editeur NumiLog
Langue FR
Date de publication 15/01/2009

Droits numériques

Ean EPUB 9789999997515
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9999999125
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