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Les Chants de Maldoror

éditeur : NumiLog
catégories : Poésie, Théâtre et Correspondance > Poésie, Romans et nouvelles
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Les
Chants de Maldoror

de
Lautréamont

Chant
I, Strophe 4

Il
y en a qui écrivent pour rechercher les applaudissements humains, au moyen de
nobles qualités du coeur que l’imagination invente ou qu’ils peuvent avoir.
Moi, je fais servir mon génie à peindre les délices de la cruauté !
Délices non passagères, artificielles ; mais, qui ont commencé avec l’homme,
finiront avec lui. Le génie ne peut-il pas s’allier avec la cruauté dans les
résolutions secrètes de la Providence ? ou, parce qu’on est cruel, ne
peut-on pas avoir du génie ? On en verra la preuve dans mes paroles ;
il ne tient qu’à vous de m’écouter, si vous le voulez bien... Pardon, il
me semblait que mes cheveux s’étaient dressés sur ma tête ; mais, ce n’est
rien, car, avec ma main, je suis parvenu facilement à les remettre dans leur
première position. Celui qui chante ne prétend pas que ses cavatines soient
une chose inconnue ; au contraire, il se loue de ce que les pensées
hautaines et méchantes de son héros soient dans tous les hommes.

Chant
I, Strophe 5

J’ai
vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules
étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et
pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs
actions : la gloire. En voyant ces spectacles, j’ai voulu rire comme les
autres ; mais, cela, étrange imitation, était impossible. J’ai pris un
canif dont la lame avait un tranchant acéré, et me suis fendu les chairs aux
endroits où se réunissent les lèvres. Un instant je crus mon but atteint. Je
regardai dans un miroir cette bouche meurtrie par ma propre volonté ! C’était
une erreur ! Le sang qui coulait avec abondance des deux blessures
empêchait d’ailleurs de distinguer si c’était là vraiment le rire des
autres. Mais, après quelques instants de comparaison, je vis bien que mon rire
ne ressemblait pas à celui des humains, c’est-à-dire que je ne riais pas. J’ai
vu les hommes, à la tête laide et aux yeux terribles enfoncés dans l’orbite
obscur, surpasser la dureté du roc, la rigidité de l’acier fondu, la
cruauté du requin, l’insolence de la jeunesse, la fureur insensée des
criminels, les trahisons de l’hypocrite, les comédiens les plus
extraordinaires, la puissance de caractère des prêtres, et les êtres les plus
cachés au dehors, les plus froids des mondes et du ciel ; lasser les
moralistes à découvrir leur coeur, et faire retomber sur eux la colère
implacable d’en haut. Je les ai vus tous à la fois, tantôt, le poing le plus
robuste dirigé vers le ciel, comme celui d’un enfant déjà pervers contre sa
mère, probablement excités par quelque esprit de l’enfer, les yeux chargés
d’un remords cuisant en même temps que haineux, dans un silence glacial, n’oser
émettre les méditations vastes et ingrates que recelait leur sein, tant elles
étaient pleines d’injustice et d’horreur, et attrister de compassion le
Dieu de miséricorde ; tantôt, à chaque moment du jour, depuis le
commencement de l’enfance jusqu’à la fin de la vieillesse, en répandant
des anathèmes incroyables, qui n’avaient pas le sens commun, contre tout ce
qui respire, contre eux-mêmes et contre la Providence, prostituer les femmes et
les enfants, et déshonorer ainsi les parties du corps consacrées à la pudeur.
Alors, les mers soulèvent leurs eaux, engloutissent dans leurs abîmes les
planches ; les ouragans, les tremblements de terre renversent les
maisons ; la peste, les maladies diverses déciment les familles priantes.
Mais, les hommes ne s’en aperçoivent pas. Je les ai vus aussi rougissant,
pâlissant de honte pour leur conduite sur cette terre ; rarement.
Tempêtes, soeurs des ouragans ; firmament bleuâtre, dont je n’admets
pas la beauté ; mer hypocrite, image de mon coeur ; terre, au sein
mystérieux ; habitants des sphères ; univers entier ; Dieu, qui
l’as créé avec magnificence, c’est toi que j’invoque : montre-moi
un homme qui soit bon !... Mais, que ta grâce décuple mes forces
naturelles ; car, au spectacle de ce monstre, je puis mourir d’étonnement :
on meurt à moins. [...]

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Informations

Titre Les Chants de Maldoror
Auteur
Editeur NumiLog
Langue FR
Date de publication 15/01/2009

Droits numériques

Ean EPUB 9789999999683
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9999999360
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