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La femme disparue

éditeur : Thriller Editions
catégorie : Policier et Thriller
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

– Vous passerez par la route des Loups, dit au cocher, Mme Francisca de Escalante, lorsque le coupé arriva au plus haut de la forêt.

C’est un site convulsé. Les futaies alternent avec des granits, des porphyres et des grès rouges ; les rocs ont d’étranges figures et des chênes six fois séculaires jaillissent sur des corniches indestructibles ; des labyrinthes tournoient parmi les blocs et les arbres. Ce fut jadis une formidable retraite de bêtes sauvages, un nid de parias, d’outlaws, de bandits, de sorciers et de sorcières. Les loups y dévoraient la chair vivante des voyageurs, on y célébra la messe noire ; les chauffeurs y rôtirent les pieds et y concassèrent les os de leurs victimes.

Francisca aimait ce lieu redoutable. Peut-être y retrouvait-elle l’âme des fauves sierras où avaient vécu ses ancêtres. Cet après-midi, dans la grande solitude, elle y examinait ses chances et ses malchances. Ses mains brûlaient ; tour à tour elle subissait les émotions qui soutiennent et qui dépriment.

Elle considérait le site d’une prunelle fervente. Pâle et presque tragique, c’était une émouvante créature. La nature lui avait donné le rythme, la grâce flexible, le « sel de séduction » des sensuelles Castillanes. Avec le feu noir de ses yeux, sa chevelure « nuit d’été », son teint de nacre et de muguet, sa bouche écarlate, avec ses gestes beaux comme ses contours, elle était faite pour donner aux hommes une image terrible du bonheur.

Son agitation parut s’accroître ; elle murmurait tout bas, avec une amère mélancolie :

– La reverrai-je jamais ?

D’un geste convulsif, elle tâta son corsage, elle en tira une lettre flétrie. C’était une de ces lettres de pauvre, qui se reconnaissent au papier fané, à l’encre rousse, à je ne sais quoi d’humble, de gauche et d’hésitant Francisca la parcourut avec une sorte de mysticisme :

– Que de fois je l’ai relue !

Une pénombre s’était faite ; on n’apercevait plus un rais de soleil. L’immobilité devint si complète qu’on eût cru que toute vie avait disparu. Et alors on entendit une détonation sèche et stridente…

Le cheval fit un bond : le cocher scrutait des yeux la route, les blocs et les sous-bois. Une deuxième détonation retentit, vite suivie d’une troisième. Atteint au crâne, le cheval s’abattit. Francisca put voir vers sa droite deux têtes masquées de toile, tandis que, sur la route, un homme trapu, masqué aussi, barrait le chemin.

Cependant, le cocher Marcel, d’abord abasourdi, reprenait son sang-froid. Ce n’était pas un lâche. Prêt à défendre sa vie, il fouilla dans un renfoncement, à l’arrière du siège, et en tira un revolver. Les deux têtes disparurent, tandis que le personnage de la route se jetait derrière un arbre.

Et le silence fut tragique.

Il ne dura pas même une minute. Deux nouveaux coups de feu crépitèrent ; le cocher visa dans la direction d’où les détonations étaient parties et tira trois fois, au jugé. Un rire – Vous passerez par la route des Loups, dit au cocher, Mme Francisca de Escalante, lorsque le coupé arriva au plus haut de la forêt.

C’est un site convulsé. Les futaies alternent avec des granits, des porphyres et des grès rouges ; les rocs ont d’étranges figures et des chênes six fois séculaires jaillissent sur des corniches indestructibles ; des labyrinthes tournoient parmi les blocs et les arbres. Ce fut jadis une formidable retraite de bêtes sauvages, un nid de parias, d’outlaws, de bandits, de sorciers et de sorcières. Les loups y dévoraient la chair vivante des voyageurs, on y célébra la messe noire ; les chauffeurs y rôtirent les pieds et y concassèrent les os de leurs victimes.

Francisca aimait ce lieu redoutable. Peut-être y retrouvait-elle l’âme des fauves sierras où avaient vécu ses ancêtres. Cet après-midi, dans la grande solitude, elle y examinait ses chances et ses malchances. Ses mains brûlaient ; tour à tour elle subissait les émotions qui soutiennent et qui dépriment.

Elle considérait le site d’une prunelle fervente. Pâle et presque tragique, c’était une émouvante créature. La nature lui avait donné le rythme, la grâce flexible, le « sel de séduction » des sensuelles Castillanes. Avec le feu noir de ses yeux, sa chevelure « nuit d’été », son teint de nacre et de muguet, sa bouche écarlate, avec ses gestes beaux comme ses contours, elle était faite pour donner aux hommes une image terrible du bonheur.

Son agitation parut s’accroître ; elle murmurait tout bas, avec une amère mélancolie :

– La reverrai-je jamais ?

D’un geste convulsif, elle tâta son corsage, elle en tira une lettre flétrie. C’était une de ces lettres de pauvre, qui se reconnaissent au papier fané, à l’encre rousse, à je ne sais quoi d’humble, de gauche et d’hésitant Francisca la parcourut avec une sorte de mysticisme :

– Que de fois je l’ai relue !

Une pénombre s’était faite ; on n’apercevait plus un rais de soleil. L’immobilité devint si complète qu’on eût cru que toute vie avait disparu. Et alors on entendit une détonation sèche et stridente…

Le cheval fit un bond : le cocher scrutait des yeux la route, les blocs et les sous-bois. Une deuxième détonation retentit, vite suivie d’une troisième. Atteint au crâne, le cheval s’abattit. Francisca put voir vers sa droite deux têtes masquées de toile, tandis que, sur la route, un homme trapu, masqué aussi, barrait le chemin.

Cependant, le cocher Marcel, d’abord abasourdi, reprenait son sang-froid. Ce n’était pas un lâche. Prêt à défendre sa vie, il fouilla dans un renfoncement, à l’arrière du siège, et en tira un revolver. Les deux têtes disparurent, tandis que le personnage de la route se jetait derrière un arbre.

Et le silence fut tragique.

Il ne dura pas même une minute. Deux nouveaux coups de feu crépitèrent ; le cocher visa dans la direction d’où les détonations étaient parties et tira trois fois, au jugé. Un rire.

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Informations

Titre La femme disparue
Auteur
Editeur Thriller Editions
Langue FR
Date de publication 01/01/2016

Droits numériques

Ean EPUB 9791020006769
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9791020006752
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