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Désirs et désastres - Volume 4

éditeur : Editions Addictives
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Assise sur une chaise en métal devant une petite table rectangulaire, je rentre la tête dans les épaules. Je dois faire un cauchemar. Je ne reconnais pas la jeune fille blonde aux yeux affolés qui se reflète dans la glace. Mon teint blanc a viré au gris et je cache mes mains sous la table pour dissimuler leur tremblement. Je suis accusée de vol, moi qui n’ai jamais piqué une allumette ! Je suis accusée d’avoir dérobé une statuette hors de prix à la galerie Pasqualina. Et d’avoir été assez bête pour la planquer chez moi. Atterrée, je prends ma tête entre mes mains avec l’impression d’être plongée en pleine machination.

Super ! Ma vie s’est transformée en épisode de Homeland.

En garde à vue depuis une heure, j’ai les nerfs qui craquent. D’autant que j’ai l’air malin dans ma somptueuse robe du soir en mousseline blanche et rose. Les sequins de mon bustier brillent tristement dans la salle d’interrogatoire où je suis confinée. J’ai eu droit à la totale : les photos anthropométriques, les empreintes. Comme si j’étais l'ennemi public numéro 1 en cavale. Une femme à l’accueil m’a rassurée : « C’est normal, c’est la procédure. » Sauf que ça me glace le sang.

Rester calme. Rester calme.

J’ai peeeeur !

À nouveau, la porte de la pièce s’ouvre pour livrer passage à un homme en uniforme bleu marine – un des deux types qui sont entrés chez moi, grand et un peu chauve. Je n’ai pas encore parlé au petit excité qui a fouillé ma chambre. Mon cœur bat la chamade tandis que le policier s’assoit en face de moi, à califourchon sur sa chaise. Il pose sur la table un sachet en plastique scellé contenant un trousseau de clés. Après une seconde, je le reconnais. Et je regarde l’homme sans comprendre.

– Qu’est-ce que c’est ?

– Vous les reconnaissez ? me répond-il simplement.

J’attrape le sachet pour les observer. Aucun doute possible. Un gros trèfle à quatre feuilles se balance à mon trousseau. Il était supposé me porter chance.

Note pour plus tard : préférer le fer à cheval.

– Oui, ce sont mes clés. Je les avais perdues. Où les avez-vous trouvées ?

– Chez vous, tout simplement.

– Pardon ?

Je le dévisage, interdite, tandis que son regard se durcit. Quand soudain, ses deux poings s’abattent sur la table, me faisant reculer dans mon siège. L’inspecteur Watts, à en croire le badge qu’il porte à la poitrine, n’a pas l’air commode. Et il m’arrache sa preuve des mains pour la ficher sous mon nez.

– Vous essayez de me faire gober qu’on vous a piqué vos clés aujourd’hui, comme par hasard ?

– Non, pas du tout… je les ai perdues.

– Alors comment se fait-il qu’on les ait trouvées dans votre appartement ?

– Je ne sais pas.

Ça y est, je suis en hyperventilation. Comme toujours en cas de stress. Mais l’officier ne s’en émeut guère, poursuivant sur sa lancée.

– Votre situation est grave, mademoiselle Lavigne. Vous êtes accusée du vol d’un objet d’art. Ce soir, quelqu’un s’est introduit dans la galerie Pasqualina sans effraction. Et cette personne a utilisé la clé qui était en votre possession.

La clé oubliée dans mon atelier par Elio.

Mon cœur manque un battement.

– Ça vous revient, on dirait ?

– Non, je…

– Vous avez pris cette statuette, mademoiselle Lavigne. Vous êtes allée dans la galerie, vous l’avez piquée et vous êtes rentrée chez vous pour la cacher dans votre chambre. On a les clés avec vos empreintes. Et un témoin affirme vous avoir vue rôder autour de la galerie.

– Un témoin ?

C’est la quatrième dimension. Ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur. N’essayez donc pas de régler l’image.

– Fini de jouer !

Ses poings fracassent à nouveau la table qui vacille dangereusement. J’en ai des sueurs froides tandis que je me rencogne dans mon coin. Mon pouls atteint des pics de vitesse et je suis à deux doigts de tomber dans les pommes. Le flic se lève en repoussant sa chaise d’un geste brusque. Il se penche vers moi, de sorte que son souffle balaie mon visage.

– Quand vous avez obtenu les clés de la galerie Pasqualina, vous y avez vu une occasion en or de vous enrichir.

– Mais je… je n’ai pas de problème d’argent !

– Vous avez été là-bas et vous avez pris cette statue parce qu’elle se trouvait dans la réserve. C’est un vol d’amateur, qui ne demandait pas de compétences particulières en matière de systèmes de sécurité. Puis vous êtes bien tranquillement rentrée chez vous pour la dissimuler dans votre armoire.

Je secoue la tête, affolée.

– Vous pensez que j’aurais été assez bête pour la cacher chez moi ?

– Avouez, mademoiselle Lavigne !

– Avouez quoi ? Je n’ai rien fait.

– Avouez, bon Dieu !

Il frappe encore la table pour me faire craquer, pour obtenir mes aveux et classer au plus vite cette affaire. Je sens que la nuit va être longue, très longue…

***

Je comprends maintenant pourquoi certains suspects craquent et avouent des crimes qu’ils n’ont pas commis. Après deux heures passées en salle d’interrogatoire, j’ai les larmes aux yeux, même si je n’ai pas changé ma version d’un mot. Jusqu’à ce qu’un homme en costume-cravate me rejoigne dans la petite salle, armé d’un attaché-case et d’un sourire confiant. Qui est-ce ? Je me méfie, sur mes gardes. Les policiers passent-ils à la vitesse supérieure ? Vais-je avoir le droit à un projecteur dans les yeux et des litres d’eau dans la figure ?

– Elena Lavigne ? Je m’appelle Alex Clauson. Je suis l’un de vos avocats.

Il me serre la main.

– Vous avez été commis d’office ?

Il éclate de rire en s’asseyant sur le rebord de la table, visiblement très à l’aise dans ce cadre. Âgé d’une quarantaine d’années, il est plutôt bel homme. Mes yeux s’attardent sur sa veste d’excellente facture et ses mocassins vernis, impeccablement cirés. Sans parler de sa coupe de cheveux ou de sa chevalière en argent. Soit le bureau du procureur a revu les salaires à la hausse, soit…

– Pas du tout. Je fais partie de l’équipe qui travaille pour monsieur Garibaldi. J’ai été envoyé pour vous sortir de ce pétrin. En ce moment, deux de mes collègues s’occupent des formalités.

Je suis abasourdie. Et je frissonne dans ma longue robe du soir totalement déplacée dans cet endroit. La fin du conte de fées a été brutale après mon rendez-vous magique avec Elio au-dessus de Roosevelt Island. Le carrosse ne s’est pas simplement retransformé en citrouille. Cendrillon a été arrêtée et coffrée par les flics.

Personnellement, je n’aime pas trop ce remake.

Je serre mes bras autour de moi, couverte d’une fine chair de poule. Je ne peux m’empêcher de songer à Elio. Que pense-t-il de toute cette histoire ? Me croit-il coupable, capable d’une chose pareille ?

– Vous serez sortie dans moins d’un quart d’heure. Nous sommes en train de régler votre caution.

– Ma caution ?

– Elle a été fixée à dix mille dollars. Monsieur Garibaldi s’en acquitte.

Je deviens toute pâle alors que l’avocat pose une main compatissante sur mon épaule. Mais je n’entends même pas la suite de son discours, sans doute des paroles réconfortantes. Je me mords les lèvres. À cause de moi, Elio vient de perdre une grosse somme. Ce n’est sans doute qu’une goutte d’eau dans l’océan de sa fortune, mais je me sens mal à l’aise. Dans quel pétrin me suis-je fourrée ? Et comment ? La situation m’échappe complètement. J’ai l’impression d’être prise dans un piège.

Quelques minutes plus tard, et grâce au coup de baguette magique d’Elio, je sors du commissariat. Entourée par un escadron de trois ténors du barreau, je respire l’air frais de la nuit. Et je le vois. Il est là, dehors. Il m’attend devant sa voiture, garée sur le parking, et tourne en rond comme un lion en cage. Mon cœur se gonfle dans ma poitrine. Parce qu’il est là pour moi. Parce qu’il a volé à mon secours. Parce qu’il a tout fait.

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Informations

Titre Désirs et désastres - Volume 4
Auteur
Editeur Editions Addictives
Langue FR
Date de publication 08/07/2015

Droits numériques

Ean EPUB 9791025724675
Type de protection Adobe DRM
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