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Désirs et désastres - Volume 5

éditeur : Editions Addictives
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

1. Dans les flammes

– Elio !

Mon cri explose dans la rue, s’élevant au-dessus de la cacophonie générale. Partout, des gens affluent et sortent des immeubles voisins. Certaines voitures se garent le long du trottoir tandis qu’un adolescent brandit son téléphone portable pour filmer la scène. Moi, je ne fais plus attention à rien. Mon cœur cogne dans ma poitrine, désordonné, affolé. Et le sang se retire de mon visage, me laissant blanche comme un linge. Si je n’avais pas si peur, je m’évanouirais sur-le-champ.

– Elio ! Elio !

Les larmes me montent aux yeux tandis que je fixe désespérément les fenêtres de mon atelier en flammes. Il brûle ! Tout le dernier étage est en feu. À présent, une épaisse fumée grise s’échappe des vitres et une odeur de plastique brûlé me pique les narines. Rien à voir avec les feux de cheminée et leur bonne odeur de bois. Je commence à tousser violemment, pétrifiée sur place.

C’est un cauchemar.

À peine de retour de notre merveilleux voyage dans les Hamptons, les drames nous rattrapent. Cédant à la panique, je pousse un cri étranglé. Elio a disparu à l’intérieur depuis trop longtemps. Pourquoi ne revient-il pas ? Et pourquoi s’est-il jeté dans la gueule du loup ? Je n’ai même pas eu le temps de le retenir. Sans hésiter, il s’est précipité vers l’immeuble, sa haute silhouette absorbée par les volutes sombres.

– Eliooo !

Je secoue la tête, envoyant voler mes longs cheveux blonds, hypnotisée par les fenêtres de mon atelier. Je ne vois plus rien. Seulement un écran gris, opaque. Et des flammes qui commencent à lécher l’un des murs en s’échappant d’un soupirail. Mon cœur s’arrête de battre. S’il mourait ? S’il brûlait vif ? Je me mords les lèvres, priant comme jamais de ma vie.

Rendez-le moi, rendez-le moi.

Autour de moi, les conversations inquiètes forment une rumeur discrète, un fond sonore odieux. Tous les voisins se sont rassemblés au seuil de leurs immeubles. Une femme en peignoir plaque une main sur sa bouche, affolée, tandis que son mari entoure ses épaules d’un bras. L’adolescent continue à filmer – merci la génération YouTube ! Et moi, j’enregistre chaque information, comme si le film se déroulait au ralenti. J’ai l’impression de jouer dans un mauvais remake de La Tour infernale.

– Elio…

Ma voix se casse, brisée. Et à cet instant, le chant strident de la sirène des pompiers s’élève. Toutes les têtes se tournent dans la même direction, vers le camion rouge qui déboule sur l’avenue, tout gyrophare allumé. Il est encore à l’horizon, à se faufiler parmi les véhicules qui s’écartent tant bien que mal dans la circulation dense. Les secours n’arriveront pas à temps. L’incendie n’en était qu’à ses débuts à notre arrivée, mais il prend de l’ampleur, dévorant tout sur son passage. Alors, je ne réfléchis plus. J’agis avec mes tripes.

Je me précipite vers l’immeuble.

– Elio !

Quand une main s’abat sur mon bras pour me retenir. Des doigts épais et puissants qui me stoppent net, me forçant à me retourner.

– Elena, n’y allez pas !

Faisant volte-face, mes longs cheveux blonds dans la figure, je me retrouve nez à nez avec Dominic Stone. En costume marron et cravate vert bouteille, le vieil homme est sorti de sa galerie, située en face de l’atelier. Des plis inquiets creusent sa figure tandis qu’il plonge dans mes yeux verts. Il secoue la tête, paternel.

– Ne faites pas ça, Elena.

– Elio est à l’intérieur !

– Je sais, je sais…

Jetant un regard inquiet vers l’immeuble, il se tait un instant mais sans me lâcher, sa main serrée comme une pince autour de mon bras. Lui aussi semble ravagé par l’angoisse.

– J’ai tout vu, me précise-t-il d’un ton apaisant.

– Il risque sa vie !

– Les pompiers arrivent. Ne cédez pas à la panique.

– On ne peut pas le laisser à l’intérieur !

Il y a des larmes dans ma voix tandis que le camion rouge, muni de sa longue échelle métallique, se gare sur le bas-côté en déversant un flot d’hommes en uniforme noir. Cela ressemble à un film. C’est si… irréel. Et toujours pas d’Elio. Toujours pas trace de l’homme que j’aime. Je donnerais ma vie, là, tout de suite, pour apercevoir sa haute silhouette. Étouffant un sanglot, je secoue la tête tandis que Dominic enserre mon bras, bienveillant.

– Vous croyez qu’Elio aimerait vous voir courir à sa poursuite, dans les flammes ? Allons, allons…

Il se rapproche de moi et ne me lâche pas d’un centimètre, comme s’il redoutait que je ne fasse une bêtise ou ne cède à une impulsion. Il semble sincèrement anxieux, même s’il domine sa panique. Et sa voix se fait persuasive, entêtante, tandis que j’observe la porte de l’immeuble. Déjà, les pompiers déroulent leur lance à eau. Et aucune trace d’Elio, nulle part. Dominic continue à me susurrer des recommandations à l’oreille. Sans trop savoir pourquoi, je pense à Kaa, le serpent dans Le Livre de la jungle.

Aie confiance… Aie confiance…

Quand soudain…

– Regardez ! crie une femme dans mon dos.

Mon cœur s’arrête de battre au moment où une haute silhouette se découpe au seuil du bâtiment. Un homme. Un homme chargé comme une mule émerge de la fumée noire. Abritant son visage derrière un bras, il tient un énorme sac en toile et un carton à dessins. Je ne respire plus. Le temps s’arrête. Et j’oublie tout – les cris des pompiers, les murmures des badauds, les volutes piquantes, l’odeur de plastique, les klaxons des voitures, la présence du galeriste. Il n’y a plus que lui et moi. Lui qui sort. Moi qui lui tends les bras.

Puis mon cri. Mon cri qui déclenche tout.

– Elio !

M’arrachant à l’emprise de Dominic, je me précipite vers lui. Ses cheveux noirs et fins en bataille, son visage parfait recouvert d’une fine couche de suie, il laisse tomber son précieux chargement par terre. Et moi, je me jette à son cou. Il sent le feu et le danger, la mort et la fumée. Sans hésiter, j’enfouis ma tête contre son épaule tandis qu’il m’étreint de toutes ses forces. Derrière nous, les pompiers s’élancent à l’intérieur après avoir sécurisé la zone et repoussé les badauds.

Pour moi, plus rien n’existe.

Que lui.

Que lui, si vivant sous mes doigts, contre moi.

– J’ai cru que…

Je ne peux pas terminer ma phrase. Une grosse boule se forme dans ma gorge et mes nerfs craquent. Je me mets à pleurer toutes les larmes de mon corps, sans pouvoir me refréner. J’évacue toute la tension accumulée. Dire qu’il n’a disparu que trois minutes, trois petites minutes ! J’ai eu l’impression que ça durait un siècle.

– Ne pleure pas, ma chérie. Je suis là, tu vois bien.

– Tu aurais pu mourir !

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Informations

Titre Désirs et désastres - Volume 5
Auteur
Editeur Editions Addictives
Langue FR
Date de publication 28/08/2015

Droits numériques

Ean EPUB 9791025724958
Type de protection Adobe DRM
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