chargement

Désirs et désastres - Volume 6

éditeur : Editions Addictives
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

EPUB

Adobe DRM
2,99 €
Lecture multi-support

Résumé

Extrait

Ottavio Garibaldi assassiné ? Je fixe Elio avec crainte en enregistrant ces informations. Il tient toujours son portable à la main, méditant les révélations du détective privé qu’il a engagé pour élucider la mystérieuse fin de son père. Et nous restons silencieux devant le musée d’art moderne où se poursuit l’exposition. Je n’ai plus conscience des voitures qui s’engagent dans l’avenue, des passants qui nous frôlent. Je ne vois que la silhouette d’Elio qui se découpe devant moi dans son smoking noir pendant qu’il encaisse le choc.

— Mademoiselle Lavigne ?

Je sursaute en entendant la voix de Dominic Stone. Que fait-il là ? Je n’ai pas le temps de réagir qu’il sort du grand immeuble en verre du MoMA pour se diriger droit sur nous, un sourire affable aux lèvres. Ce que je trouve plutôt culotté après ce qu’il vient de nous apprendre au sujet du rachat des parts de Luca. N’est-il pas maintenant l’actionnaire principal de la galerie Pasqualina au détriment de frères Garibaldi, qui en avaient hérité de leur père ? Il semble d’ailleurs flotter sur un petit nuage. Et, bonhomme, il s’avance vers moi en agitant la main.

— Venez vite, Elena. Je vous cherche partout.

— Moi ?

— Vous venez de vendre une de vos œuvres !

Wow. Ça va trop vite pour moi.

— Allons, dépêchez-vous ! me serine monsieur Stone. Votre acheteur aimerait vous rencontrer.

Sans égard particulier pour Elio qu’il vient de spolier, il pose une main autoritaire sur mon bras. Je réprime un long frisson, hérissée par ce contact. Il y a toujours eu une incompatibilité épidermique entre moi et cet homme à la mine chafouine et à l’œil roublard. Je me tourne vers Elio, tiraillée. J’ai l’impression d’être la femme coupée en deux des tours de magie.

— Je…

— Vas-y vite.

Le timbre neutre d’Elio me donne froid dans le dos, lui aussi… même s’il est destiné à Dominic dont il daigne à peine remarquer la présence. Il adoucit d’ailleurs ses paroles d’un signe de tête encourageant à mon attention. Ce qui ne l’empêche pas de serrer les mâchoires en regardant les doigts épais du galeriste sur mon épaule. Je me laisse entraîner vers l’intérieur du musée… même si je continue à fixer Elio, sans regarder où je mets les pieds.

Il m’encourage d’un sourire, sachant combien cet instant compte pour moi. Puis il se détourne, ne m’offrant plus que son large dos aux épaules carrées. Je le vois coller son téléphone à son oreille et je devine sans peine qui il cherche à joindre : Henry Philips, le privé chargé de l’enquête. Un instant plus tard, je suis prise dans le flot des invités aux côtés de Stone qui se frotte les mains de contentement devant mon succès. Un flot de paroles mielleuses coule de ses lèvres – je n’en écoute pas la moitié.

— Je vous félicite, ma petite Elena.

Je ne suis pas sa petite Elena.

— C’est un réel succès pour vous et pour la galerie. Vous savez qu’il est très rare de vendre aussi rapidement une œuvre lors d’un vernissage. Surtout lorsqu’on débute. Je…

Clac. Je me déconnecte.

Mon cœur bat la chamade à mesure que nous traversons l’enfilade des salles. Je reste derrière le galeriste qui déverse sur moi une litanie de paroles creuses. Il semble parfaitement à l’aise en ma présence. En homme rompu à toutes les roueries, il n’arrête pas de toucher mon coude, mon épaule… De mon côté, j’ai un gros nœud dans la gorge. Cette œuvre vendue, c’est à la fois excitant et intimidant. Comme le vieux monsieur élégant qui me tend la main, planté devant mes Open Box.

— Mademoiselle Lavigne, je présume ? Je suis lord Barforth. Ravi de faire votre connaissance.

Monsieur Stone se charge des présentations et mon acheteur serre longuement ma main, sans la lâcher. Je me mords les lèvres… et commence à bégayer, à bafouiller. Oh, non ! ça recommence. Pourquoi les symptômes de Creutzfeldt-Jakob se manifestent uniquement dans les moments importants ? L’aristocrate anglais finit par éclater d’un rire distingué, amusé par mon trouble… – comment dire ? – très visible !

— C’est un honneur de rencontrer une jeune artiste de votre talent. Je suis tombé amoureux de votre travail au premier regard. Je collectionne les œuvres d’art depuis de nombreuses années.

— Oh, je ne sais pas quoi dire…

— Elena est l’un de nos éléments les plus prometteurs, me coupe Stone avec un bel aplomb.

Pendant que les deux hommes échangent quelques idées sur la scène artistique new-yorkaise, je coule un regard ému vers ma série de boîtes ouvertes. J’imagine l’une de mes Box exposée dans un château au cœur des landes. Ne me demandez pas pourquoi dans les landes, c’est comme ça. Je me sens à la fois inquiète et remplie d’orgueil. C’est un petit bout de moi qui s’en va. C’est un travail intime, personnel, qui appartiendra désormais à un inconnu. Mais n’est-ce pas le destin d’une œuvre ?

— À l’avenir, je pense que vous occuperez une place de premier plan dans le monde artistique. Je rappellerai alors à mes amis collectionneurs que j’ai été le premier à croire en vous, m’assure lord Barforth.

— Merci, monsieur.

Puis j’ajoute, presque malgré moi :

— Prenez bien soin de ma boîte.

Lire la suite...

Commentaires des lecteurs

9791025725092
- / 5
  5
  4
  3
  2
  1

Informations

Titre Désirs et désastres - Volume 6
Auteur
Editeur Editions Addictives
Langue FR
Date de publication 18/09/2015

Droits numériques

Ean EPUB 9791025725092
Type de protection Adobe DRM
Haut