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Fallait pas me chercher ! - 6

éditeur : Editions Addictives
catégorie : Littérature sentimentale > Romance paranormale
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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2,99 €
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Résumé

Extrait

Valentine

« J’ignore ce que ma mère voit en toi, Darren, mais si je suis là, si je te supporte, c’est pour ELLE ! Rien que pour elle ! »

Voilà les derniers mots que j’ai adressés à mon père. Mon ultime adieu. Pour toute réponse, j’ai obtenu sa grimace de douleur, son corps recroquevillé, immobile et glacé, son regard noir, vide, dont la vie était partie.

Je ne sais pas si j’aurais réussi à me le pardonner un jour. Si la vie n’était pas revenue. Mais Darren Cox n’est pas du genre à se contenter d’une mort ridicule, dans les bras d’un garde du corps norvégien qu’il exècre, au rez-de-chaussée de la tour qu’il a érigée pour abriter son empire, sous les injures haineuses de sa progéniture ingrate et mal élevée.

Non. Lui, il survit. Et dans la chambre de sa clinique privée hors de prix, deux heures à peine après sa crise cardiaque massive, il a déjà retrouvé de sa superbe (c'est-à-dire de son arrogance, de son mépris pour le travail des autres, et de son envie de tout contrôler).

– Je n’enfilerai pas cette blouse, même si elle était en cachemire. Je vous paie assez cher comme ça. Rendez-moi ma chemise, siffle-t-il en serrant le drap sur sa poitrine nue.

– Monsieur Cox, elle a été déchirée par les secouristes qui vous ont pris en charge. Et on ne pourra pas passer les électrodes…

– Ça, c’est votre problème, infirmière, la coupe-t-il sèchement.

– Elle a un nom, chuchoté-je, honteuse. Excusez-le… J’aimerais pouvoir vous dire qu’il ne se comporte pas comme ça en temps normal, mais…

– Mais qu’est-ce que fait ta mère, bon sang ?! s’agace-t-il en m’interrompant.

– Ça fait deux fois que tu lui demandes de faire un aller-retour à la villa. Elle a beau se plier en quatre pour toi, sans que personne ne comprenne pourquoi, elle ne peut pas encore se téléporter, lui réponds-je avec un sourire forcé.

– Elle y est allée en personne ? Mais elle n’avait qu’à envoyer un chauffeur ! Il ne faut quand même pas beaucoup de jugeote pour…

– T’aimer et te supporter ? Ça, on est tous d’accord ! Pour une fois…

– Je me passerai de tes traits d’esprit ce soir, Valentine.

– Et on se passerait tous de tes sautes d’humeur. Mais on va faire avec… On ne voudrait pas encore malmener ton pauvre petit cœur.

Je lui souris encore, sincère, cette fois. Mon père m’a fait peur. Et malgré tous les sentiments contradictoires qui se bousculent dans mon cœur quand il s’agit de lui, je suis contente de le savoir en vie. Il marmonne « Je vais parfaitement bien » en regardant nerveusement son poignet vide. L’infirmière lui tend aussitôt sa montre, posée non loin de là, et il pense même à la remercier (du bout des lèvres, certes). Debbie doit avoir l’habitude de ce genre de patients exigeants, qui détestent se retrouver en position de faiblesse, et qui doivent être pris avec des pincettes (si possible en or massif).

– Florence ! s’exclame mon père, visage un peu éclairci, en direction de la nouvelle arrivante.

– Ne commence pas à dire que j’étais trop longue, je ne trouvais plus tes boutons de manchette ! s’excuse-t-elle à moitié. Tu préfères la blanche ou la bleue ? Bon, c’est moi qui décide, le médecin a dit qu’on devait te ménager ! Tu n’as même plus à penser !

Et ma mère se met à l’habiller, comme elle s’occuperait d’un enfant fiévreux et ronchon, avec toute la douceur et la fraîcheur dont elle sait faire preuve. Et à ma grande surprise, Darren se laisse faire, grimaçant au moment de tendre le bras, s’apaisant sous les gestes délicats de sa femme, esquissant des sourires quand son visage frôle le sien, quand elle prend soin de replacer ses cheveux blancs décoiffés ou qu’elle s’emmêle dans les fils qui le relient aux machines. Je me sens de trop, tout à coup, mais cette impression me met du baume au cœur : pour la première fois depuis longtemps, mes parents forment un couple, ils comptent l’un sur l’autre, s’épaulent et se cajolent comme si rien ni personne ne les avait éloignés ces vingt-cinq dernières années.

Je m’éclipse sur la pointe des pieds et personne ne me retient. Dans la salle d’attente déserte de la clinique aseptisée, Nils m’attend depuis deux heures. Quand je le retrouve, il porte toujours son costume noir mais a abandonné sa veste à la tour Cox et a retroussé les manches de sa chemise blanche. De dos, un petit épi adorable au sommet du crâne, les deux mains dans les poches, il semble lire les consignes de sécurité passionnantes affichées au mur. Les adjectifs « séduisant », « viril » et « sexy » ne seraient rien d’autre que de doux euphémismes pour lui. Le géant se retourne en entendant mes pas et ses deux grands bras musclés s’ouvrent sur mon chemin, puis se referment sur mon corps épuisé.

– Alors ? me demande-t-il dans un souffle.

– Surmenage… Mais il râle déjà, c’est qu’il est en voie de guérison, murmuré-je en enfouissant mon visage contre son torse.

– Il est entre de bonnes mains, me rassure-t-il en prenant mon visage entre les siennes.

– Pas autant que moi.

Je lui souris, puis je sens les larmes affluer en même temps que la pression redescend, que mes nerfs lâchent, que la peur cède la place au soulagement. Et je réalise, totalement impuissante, que c’est encore lui, mon Viking, qui était là pour moi, à l’un des moments les plus critiques de ma vie. Lui qui a pris les choses en main, quand la situation m’a échappé. Qui a appelé les secours pendant que je paniquais. Qui a commencé les manœuvres de réanimation, quand je croyais mon père mort. C’est peut-être même à lui que Darren doit la vie.

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Informations

Titre Fallait pas me chercher ! - 6
Auteur
Editeur Editions Addictives
Langue FR
Date de publication 08/08/2016

Droits numériques

Ean EPUB 9791025731475
Type de protection Adobe DRM
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