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Fast - 3

éditeur : Editions Addictives
catégorie : Littérature sentimentale > Romance contemporaine
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Jo

– Votre chambre est au second, mademoiselle, me dit la réceptionniste en me tendant ma clé électronique.

– Vous savez si le reste de l’équipe est là ? Ou tout le monde est-il déjà revenu du circuit ? demandé-je, à toute vitesse, tendue à l’idée de croiser un des membres de l’écurie.

Entre l’attente à l’aéroport et l’interminable trajet en taxi, c’est déjà la fin de la journée.

C’est une chance parce que je ne suis pas sûre que j’aurais eu la force de me rendre sur le circuit, aujourd’hui.

Mes oreilles bourdonnent, mes mains tremblent. J’ai besoin de m’isoler un moment, de reprendre mes esprits, avant d’affronter ce qui m’attend. Face à moi, la jeune Chinoise me regarde avec un fond de panique dans le regard. Visiblement, elle ne comprend pas ma question.

– Le reste de l’équipe de Formule 1, précisé-je. Avec des casquettes comme la mienne !

Je lui désigne mon éternel couvre-chef, que j’ai enfoncé sur mes yeux rougis. Son visage s’éclaire.

Un instant, j’ai peur qu’elle ne me reconnaisse comme celle qu’on appelle déjà « la maîtresse-traîtresse », comme j’ai pu le lire sur une des couvertures de tabloïds, avec en photo Nate et moi nous embrassant dans le Paddock Club de Sepang.

– Ah ! Les gens du Grand Prix ! Ils ne sont pas encore rentrés, mademoiselle, je suis désolée.

Tant mieux. Et au moins, elle ne m’a pas reconnue.

Mais le fait d’être encore anonyme pour la réceptionniste de notre hôtel de Shanghai est loin de suffire à me rassurer. Je suis certaine que les membres de mon écurie sont désormais au courant. comme le reste du circuit, d’ailleurs.

La cata…

C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai toujours pas osé rallumer mon téléphone. Je ne me sens pas encore prête à lire ou écouter les messages des uns et des autres…

Les jours qui vont suivre, si ce n’est les heures, seront déterminants pour la suite de ma carrière. Ou la fin de celle-ci, parce que je dois me rendre à l’évidence : je risque bel et bien de me faire virer. Marina avait raison. J’ai joué avec le feu et je me suis brûlée.

Oppressée, je refuse l’aide qu’on me propose pour porter ma valise et décide de passer par l’escalier, pour éviter de croiser qui que ce soit.

Ma valise est lourde et les roulettes me sont inutiles pour grimper les marches, mais je suis suffisamment furieuse contre moi-même pour trouver la force de porter mes affaires. Une fois arrivée au premier étage, c’est la colère que j’éprouve envers Nate qui prend le relais.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a pris la publication des photos et les gros titres avec légèreté ! Il a tout de même fallu que je lui explique toute la situation de mon point de vue pour qu’il semble comprendre que ce n’était pas aussi simple que « ne pas se préoccuper du regard des autres » !

Que je me fasse traiter de « stratège », de « traîtresse », qu’on sous-entende que je suis corrompue, tout comme l’était mon père, aucune importance pour lui !

À force de ressasser la scène de l’aéroport, je grimpe l’étage en quelques minutes, boostée par une rage indescriptible vis-à-vis de Mr Intouchable !

En sueur, épuisée, je glisse la carte dans la serrure, entre aussi vite qu’il m’est possible et referme la porte.

Ouf !

Une fois à l’abri dans ma chambre d’hôtel, je me déshabille en fonçant dans la salle de bains, tourne le robinet d’eau chaude et me tiens debout, nue, tête baissée. Je laisse l’eau brûlante crépiter sur mes trapèzes endoloris par mon ascension idiote et la tension accumulée depuis mon arrivée à Shanghai.

Après de longues minutes, je commence à me sentir un tout petit peu mieux. Puis avec l’eau qui ruisselle sur mon visage, je peux ignorer les quelques larmes qui m’échappent enfin… Je ne suis pas le genre de fille qui pleure pour un oui ou pour un non. Je suis une battante. Une dure à cuire.

D’ailleurs, dents serrées, je coupe l’eau chaude, me savonne énergiquement et me rince à l’eau froide.

Souffle coupé, je sautille sur place, jusqu’à sentir le sang venir fouetter ma peau.

Quand je sors de la salle de bains, enveloppée dans le peignoir bon marché de l’hôtel, je sens bon et j’ai les idées claires.

Puisqu’il faudra bien que je sorte de cette foutue chambre un jour pour affronter ce scandale médiatique, autant commencer par le début : je rallume mon smartphone pour prendre connaissance des messages laissés par mon entourage.

Au moment exact où je valide mon code pin, la sonnerie retentit. Surprise, je manque de laisser échapper mon téléphone. Le cœur serré par l’anxiété, je regarde le nom qui s’affiche.

Maman.

J’hésite un instant, puis décroche.

Ma mère ne peut pas me virer, elle.

– Maman ?

– Ma chérie, enfin ! Joana, j’essaie de te joindre depuis des heures ! s’écrie ma mère, sans cacher son soulagement. J’ai cru que tu ne décrocherais jamais !

– J’étais dans l’avion… Ça a été, le mariage ?

Mais ma tentative pathétique de noyer le poisson ne fonctionne pas une seule seconde.

– Oui, un succès, mais je ne t’appelle pas pour discuter business. J’ai vu la presse, ajoute-t-elle, après une courte hésitation.

– Oh…

Je ne sais pas quoi dire de plus.

– Comment tu vas ? me demande-t-elle d’une voix douce.

– Ça va, je gère, réponds-je, en essayant de maîtriser le tremblement de ma voix.

Assise sur le lit, je ferme les yeux pour mieux me concentrer, cherchant à donner le change pour rassurer ma mère.

– Joana, je te connais, j’entends à ta voix que tu n’es pas dans ton assiette. Je… voulais te dire que j’étais là pour toi. Si tu veux, je t’envoie un billet d’avion, je reste encore quelques jours à Melbourne, tu pourrais m’y rejoindre ?

Et quitter mon propre navire ? Pas question !

– Le championnat est loin d’être terminé, fais-je, d’un ton plus sec que je ne l’aurais voulu.

À l’autre bout du fil, ma mère soupire, entre agacement et résignation.

– Tu devrais te méfier, ma chérie, commence-t-elle, soudainement grave.

– Maman…

– Non, laisse-moi terminer. Je t’ai toujours laissée faire ce que tu voulais, y compris lorsque je n’approuvais pas totalement tes choix. Mais ce type, là… ce Nate Hattaway… je ne lui fais pas confiance, tu as lu ce qu’on dit sur lui ?

– Il ne faut pas toujours se fier à ce qu’on lit sur les gens, c’est quelque chose que j’ai appris à mes dépens !

Cette fois, ma mère garde le silence. Je me mords les lèvres, regrettant déjà le double sens de ma réponse. Ma mère est bien placée pour savoir qu’en effet, les réputations ne sont parfois qu’un tissu de mensonges, mais elle s’inquiète pour moi, tout simplement.

– Très bien, reprend-elle, avant que je puisse m’excuser pour ma brusquerie. Laissons ça de côté. Mais moi aussi, j’ai appris certaines choses à mes dépens, figure-toi.

Aïe, aïe, aïe…

Quand ma mère prend ce ton, il vaut mieux se mettre aux abris.

– Ce milieu, la Formule 1, est cruel. Il prend les gens, les utilise et les jette, une fois qu’il n’en a plus besoin ! s’emballe-t-elle. Et tu vaux mieux que tout ça.

– Maman, c’est ma passion, dis-je d’une petite voix.

Il me semble revivre la discussion qu’on avait eue lorsque je lui avais annoncé mon choix de carrière. Je suis une adulte et, pourtant, me revoilà à la case départ.

– Je comprends que tu t’inquiètes et je t’avoue que ça ne va pas être un virage facile à négocier, mais je peux y arriver, fais-je, d’une voix plus assurée que je ne le croyais.

– Joana…

– Oui, ces couvertures et ces gros titres sont horribles, mais ils sont mensongers ! J’ai… eu un moment avec Nate… bref, finis-je maladroitement. Mais surtout, je suis une bonne ingénieure course, Ron le sait, il ne se laissera pas influencer par trois couvertures racoleuses, il a confiance en moi, lui, j’en suis sûre !

Un nouveau silence accueille mon envolée. Les secondes passent, au point que je commence à me demander si on n’a pas été coupées.

– Maman ? Tu es toujours là ?

– J’ai aussi confiance en toi, mais tu ne feras pas le poids dans ce milieu et…

– Maman ! Mais comment peux-tu me dire que tu as confiance en moi et que je ne ferai pas le poids dans la même phrase ?!

J’ai beau savoir que c’est son inquiétude qui s’exprime, son manque de soutien me fait sortir de mes gonds.

– Parce que quelle que soit la valeur des gens, ce milieu n’en tient pas compte ! s’écrie ma mère, aussi énervée que moi.

– Super, merci de ton soutien.

– Joana… soupire ma mère.

– Je suis désolée, je comprends que tu t’inquiètes, mais là, je n’ai pas besoin d’entendre que tout est foutu. Écoute, reprends-je, en me frottant les yeux. Je te rappelle dans quelques jours, OK ?

– C’est ton choix, soupire-t-elle alors. Mais tu me rappelles, hein !

– Sans faute. Je t’embrasse.

– Moi aussi. Fais bien attention à toi.

Nous raccrochons et je lâche de nouveau un soupir. J’ai beau comprendre l’angoisse de ma mère devant ces couvertures odieuses, je lui en veux un peu de jouer les Cassandre en me promettant le pire. J’ai besoin de gens qui croient en moi !

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Informations

Titre Fast - 3
Auteur
Editeur Editions Addictives
Langue FR
Date de publication 21/01/2017

Droits numériques

Ean EPUB 9791025734827
Type de protection Adobe DRM
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