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Une campagne pour les arbres

éditeur : Editions France Agricole
catégorie : Nature et animaux > Faune
date de publication :
délai de livraison : Immédiat (à partir de la date de publication)

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Résumé

Extrait

Branches lourdes, tronc crevassé, ses feuilles dansant au vent, ou bien jeune baliveau prometteur, l’arbre respire, inspire, aspire, attire ; l’hiver, ses rameaux jouent avec la lumière, font des stries sur le sol tandis que l’été, au plus fort de la chaleur, son ombre invite au repos ; parfois, il sent bon, retient les insectes bourdonnants ; parfois il pleure, lorsque le ciel triste dégouline sur lui, emprisonnant les gouttes avant qu’elles ne s’écrasent sur la terre molle, le bitume dur ou l’herbe tendre. Sa vie est multiple, en principe étalée sur le temps long.

L’arbre compte les années. Si les hommes et la nature le laissent tranquille, il va prendre de l’âge à mesure, pousser ses cernes, étaler ses branches, sous le ciel et les étoiles. Puis mourir, souverain et célébré comme un grand symbole de vie. Installé dans la durée, immobile, il regarde passer les humains qui le tiennent au creux de leur volonté, besoins concrets et autres désirs peu avoués. Il aurait bien des choses à raconter ! Les unes glorieuses et aimables, les autres, un peu moins, car toute époque connaît des instants de sérénité et d’harmonie, comme elle a ses crises et ses nerfs. Néanmoins, l’arbre resta longtemps utile à l’homme, à ses besoins concrets, à ses élancements d’âme. Compagnon de fortune et d’infortune. Au fil du temps, il connut plusieurs histoires qu’il raconte à sa manière.

À la campagne, l’arbre est partout : abondant ici, plus rare là, il marque les territoires. Particulier à une région, à un village qu’il habille de son vert, il a longtemps fait partie de la civilisation paysanne. Dans ce domaine, son utilité fut manifeste car, jusqu’à une date très récente, il accompagna la vie quotidienne, comme un fait naturel. Élément d’un monde fini, il donnait son bois, ses fruits, s’attachait à un trait de pays auquel, parfois, il laissait son nom. Il entrait aussi dans la symbolique, le rêve, les croyances d’un monde qui ne bougeait pas.

De même, il fut objet politique : l’arbre majestueux de la place, l’allée de maître, l’arbre de la liberté ou encore l’alignement routier, répondaient à des objectifs précis émanant d’une population, d’un roi, d’un seigneur, d’une révolution, d’une République. Il n’était donc pas anodin et sa signification politique se doublait souvent d’une raison sociale autant qu’économique : l’arbre était rassembleur mais aussi, plus prosaïquement, pourvoyait aux besoins en bois de tout un chacun, y compris des grands de ce monde. Les gens d’hier le considéraient comme un solide ami, source de produits tangibles, de revenus réguliers ou non, source aussi et tout simplement de plaisir, de repère dans le paysage, de domination parfois. Les poètes le chantaient, et sous ses ombrages frais, versaient des larmes qui n’étaient pas toujours de crocodile. Il faisait partie des mythes, symbole du renouveau, de la connaissance et de la justice, de la liberté, aussi. En bref, il était familier et proche, rassurant, complice et utile, protecteur et nourricier, grand pourvoyeur de denrées et de biens, matériels ou non, dont aujourd’hui nous n’avons plus idée – il a, pour nous, perdu une part de sa signification.

En effet, rapidement, en quelques décennies, l’arbre passa d’un état paysan à celui davantage de vassal de l’homme et de ses envies, pas toujours respectables d’ailleurs, voire d’objet que l’on peut supprimer d’un coup.

Le changement se fit rapidement, sans que l’arbre pût toujours s’adapter. Méconnu du grand nombre, sorte de faire-valoir au modernisme, à l’argent facile, il passe alors par pertes et profits, comptant pour rien ou à peu près. Bon prince, il se laisse regarder, admirer, utiliser et son entregent n’a pas de limite ; mais aussi, souvent, trop souvent, l’homme le condamne à mort, le triture, laissant de lui des morceaux au goût de cendre, des bouts de branches déchiquetées, abandonnées en l’état. Dans le même temps, lui sont attribuées toutes sortes de fonctions : faire de la pâte à papier et faire joli dans le paysage, sourire aux habitants et les réchauffer, aspirer le gaz carbonique et restituer l’indispensable oxygène que nous respirons, lutter contre l’érosion, le changement climatique – ce qu’il a d’ailleurs toujours fait, car seule a évolué la compréhension que l’homme a de ces mécanismes désormais mesurés à l’échelle de la planète : hier méconnus, ils sont aujourd’hui largement mis en avant.

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Informations

Titre Une campagne pour les arbres
Auteurs ,
Editeur Editions France Agricole
Langue FR
Date de publication 01/01/2014

Droits numériques

Ean PDF 9791090201494
Type de protection Adobe DRM
Ean papier 9791090213272
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